Alors que l'on réédite la majeure partie des albums de Pussy Galore, extrémistes soniques notoires des années 80, voilà leur plus bel (en fait sale, méchant, dégénéré) enfant putatif. Royal Trux donc. A côté, John Spencer, lui aussi issu de cette bande d'allumés, passe pour un ange doux comme un agneau. Accelerator, septième album d'une discographie épuisante, donne à entendre un Royal Trux en grande forme et surprise franchement écoutable, voire recommandable. Ce que propose Royal Trux est plutôt récréatif, une relecture trash et fun des grands mythes du rock, passés ironiquement à la Moulinette expérimentale de leur je-m'en-foutisme bruitiste. Bref, on ne s'ennuie pas. Leur I'm Ready revisite les Stones archi-drogués des années 60, Yellow Kid détourne un Bob Dylan qui aurait troqué son Band pour les Butthole Surfers. Banana Question déterre le glitter rock de T Rex et le ressort tel quel, décharné, zombie, franchement inquiétant. Voilà donc un jeu amusant mais qui, au-delà de l'anecdote, nous pose quelques questions. Par exemple, que donnerait Royal Trux, débarrassé de tous leurs filtres protecteurs, feedback, écho, déstructuration systématique, guitares à donf'... ? Peut-être la dernière chanson du disque : Stevie, ultime pied de nez pompant Neil Young et les Stones dans la foulée. Un Royal Trux, détendu et naturel, privé de tous hurlements, de pose et de crédibilité hardcore. Un Royal Trux idéal.