Dans la flopée de disques sortis ces derniers mois par le mythique label londonien, le deuxième Lp de Royal City est inexplicablement passé inaperçu. Pourtant, Alone At The Microphone sonnait comme un écho familier à l'indispensable Buffalo Springfield. Vous savez, l'album avec la chanson qui vous donne des ailes... C'est qu'en plus de partager la même origine géographique que Neil Young (Toronto, Canada), Aaron Riches, Jim Guthrie, Simon Osborne et Lonnie James aiment jouer de la country bucolique, des ballades pastorales qui donnent cet air suranné à leurs disques. On se souvient d'ailleurs de leur version mémorable d'un des tubes des Strokes (Is This It) sur la récente compilation anniversaire de Rough Trade. Sur ce nouvel opus, on retrouve donc avec bonheur cette torpeur confortable qui fait tout le sel de Royal City. D'autant que la voix traînante d'Aaron Riches, qui évoque parfois celle de Stephen Duffy (période Lilac Time), se marie parfaitement à ces guitares en lambeaux, cette basse molle, ce clavier chancelant et cette batterie caoutchouteuse. D'ores et déjà, on affirme que Bring My Father A Giftou Jerusalem- double ouverture en or de Little Heart's Ease- trôneront en bonne place des chansons les plus bouleversantes et admirables entendues cette année. Quel groupe royal décidément.