C'est dans quinze jours, le samedi 30 octobre pour être précis, qu'aura lieu la Carte Blanche au label Herzfeld entre les murs de Mains d'Oeuvres, à Saint-Ouen. Crocodiles, Little Red
Lauter et A Second Of
June seront de la partie, tout comme Roméo & Sarah. La doublette avait été élue parmi nos espoirs de l'année 2010, mais il était moins une avant que l'espérance ne s'affaisse. C'est finalement à la fin du mois de novembre que paraîtra le premier album élégiaque des Strasbourgeois, qui nous donnent ici, au gré d'un Selectorama habilement commenté, quelques clés pour percer les volutes d'une musique à la délinéation brumeuse. [Propos recueillis par JFLP].
Sarah : Ce serait mentir que de dire que cet album, le premier de Broadcast que nous ayons écouté, ne continue pas de nous étonner. Une telle efficacité avec "si peu" de moyens et l'univers omniprésent des boucles mélodiques nous ont forcément parlé, et ouvert la porte de toute leur merveilleuse discographie.
Romeo : Ça a été difficile de choisir un seul morceau. Oui ce groupe nous parle beaucoup. Pour les sons parasites et leurs textures, le côté psychédélique et les batteries très fines, que l'on peut retrouver sur la compilation de leurs EP's et faces B, The Future Crayon.
Romeo : Ce morceau doit être accompagné par son clip. Qu'est-ce qu'on a pu se marrer !
Sarah : Dans ce clip, des cowboys font claquer leur fouet dans un désert orange, alors qu'un groupe de bonshommes à chapeaux en plastique joue de la pop musique près d'une maisonnette où les tartes à la crème volent, ça a été très libérateur pour nous.
Romeo : Je ne me lasse jamais de l'écouter. Pendant ce morceau on dérive, on plane à merveille, le tête haute, de façon impériale, comme son nom l'indique. Le texte est signé par le poète américain Harold Hart Crane. Les images sont fortes et belles et je suis en admiration devant la façon de chanter de Ronald Lippok. Lui et Bernd produisent une musique que je trouve très originale et intelligente. Je remarque qu'il y a très peu de musique qui me touche réellement, celle de Tarwater en fait partie.
Romeo : J'aime le jeu des guitares, la façon dont elles s'entremêlent, comme des bancs de poissons. Leur dialogue est souvent tendu et syncopé, rêche et très mélodique et chaque morceau est rempli de riffs extraordinaires ! Aussi le traitement du son des batteries est très bon, aigu et précis. Television file tout simplement la pêche !
Romeo : C'est Jacques d'Original Folks qui m'a fait découvrir ce groupe. L'année dernière je n'ai écouté exclusivement que ça pendant deux mois ! J'apprécis le côté tubesque et plus j'écoute, plus j'y vois de la finesse. Ils sont vraiment à la limite du mauvais goût et je crois que c'est ce qui me plaît. Les cinq premières pistes de l'album sont géniales mais ensuite ça bascule, ça se corse et je décroche ! Ce morceau m'évoque la Suède, ses paysages glacés, la descente de pentes enneigées avec en guise de luge d'immenses cartes géographiques, l'autoroute, les lits gonflables et le ice-skating.
Sarah : C'est le premier album d'Herzfeld que j'ai écouté en 2006, et toujours mon préféré en 2010, ex-aequo avec le EP de Loyola qui circulait entre quelques mains à l'époque. C'était une révélation : il était possible de faire des chansons belles et douces qui en imposaient, et ça se passait dans ma ville. Dans celle-ci, tout tournoie autour d'un équilibre fragile. L'entrée feutrée des percussions, cette durée idéale (10'23), pour s'oublier dans des paysages sonores, le son exotique et magique des gongs vietnamiens qui nimbent l'arrière-plan, la voix de Boris. Tout est comme dans un rêve qui se serait déjà enfui.
Sarah : Après une chanson de 10'23, un morceau de 12'09. Peut-être l'un des pans les plus accessibles de Miles Davis, un album inspiré du folklore espagnol. Paré de cette orchestration "minimale", son génie mélodique reste intact. Ces harmonies étranges, subtilement distillées au détour d'un coup de cymbale... Une vraie marche, mais plutôt souple que raide, chargée d'une tension paradoxalement volatile. Elle m'inspire la fraîcheur d'une ballade nocturne, une sorte d'introspection fantastique.
Sarah : Pour finir, une courte ballade de 10'06. Je n'adhère pas à toutes les périodes de Slowdive, mais cette chanson est d'une évidence désarmante. L'entrée des éléments est si bien choisie. Une chose après l'autre. Une fois de plus, l'économie des moyens rend l'écoute tout à fait différente. En écoutant Slowdive, je pense au nouveau projet de Mickaël, notre bassiste : Unfair To Facts.
Sarah : Ce serait mentir que de dire que cet album, le premier de Broadcast que nous ayons écouté, ne continue pas de nous étonner. Une telle efficacité avec "si peu" de moyens et l'univers omniprésent des boucles mélodiques nous ont forcément parlé, et ouvert la porte de toute leur merveilleuse discographie.
Romeo : Ça a été difficile de choisir un seul morceau. Oui ce groupe nous parle beaucoup. Pour les sons parasites et leurs textures, le côté psychédélique et les batteries très fines, que l'on peut retrouver sur la compilation de leurs EP's et faces B, The Future Crayon.
Romeo : Ce morceau doit être accompagné par son clip. Qu'est-ce qu'on a pu se marrer !
Sarah : Dans ce clip, des cowboys font claquer leur fouet dans un désert orange, alors qu'un groupe de bonshommes à chapeaux en plastique joue de la pop musique près d'une maisonnette où les tartes à la crème volent, ça a été très libérateur pour nous.
Romeo : Je ne me lasse jamais de l'écouter. Pendant ce morceau on dérive, on plane à merveille, le tête haute, de façon impériale, comme son nom l'indique. Le texte est signé par le poète américain Harold Hart Crane. Les images sont fortes et belles et je suis en admiration devant la façon de chanter de Ronald Lippok. Lui et Bernd produisent une musique que je trouve très originale et intelligente. Je remarque qu'il y a très peu de musique qui me touche réellement, celle de Tarwater en fait partie.
Romeo : J'aime le jeu des guitares, la façon dont elles s'entremêlent, comme des bancs de poissons. Leur dialogue est souvent tendu et syncopé, rêche et très mélodique et chaque morceau est rempli de riffs extraordinaires ! Aussi le traitement du son des batteries est très bon, aigu et précis. Television file tout simplement la pêche !
Romeo : C'est Jacques d'Original Folks qui m'a fait découvrir ce groupe. L'année dernière je n'ai écouté exclusivement que ça pendant deux mois ! J'apprécis le côté tubesque et plus j'écoute, plus j'y vois de la finesse. Ils sont vraiment à la limite du mauvais goût et je crois que c'est ce qui me plaît. Les cinq premières pistes de l'album sont géniales mais ensuite ça bascule, ça se corse et je décroche ! Ce morceau m'évoque la Suède, ses paysages glacés, la descente de pentes enneigées avec en guise de luge d'immenses cartes géographiques, l'autoroute, les lits gonflables et le ice-skating.
Sarah : C'est le premier album d'Herzfeld que j'ai écouté en 2006, et toujours mon préféré en 2010, ex-aequo avec le EP de Loyola qui circulait entre quelques mains à l'époque. C'était une révélation : il était possible de faire des chansons belles et douces qui en imposaient, et ça se passait dans ma ville. Dans celle-ci, tout tournoie autour d'un équilibre fragile. L'entrée feutrée des percussions, cette durée idéale (10'23), pour s'oublier dans des paysages sonores, le son exotique et magique des gongs vietnamiens qui nimbent l'arrière-plan, la voix de Boris. Tout est comme dans un rêve qui se serait déjà enfui.
Sarah : Après une chanson de 10'23, un morceau de 12'09. Peut-être l'un des pans les plus accessibles de Miles Davis, un album inspiré du folklore espagnol. Paré de cette orchestration "minimale", son génie mélodique reste intact. Ces harmonies étranges, subtilement distillées au détour d'un coup de cymbale... Une vraie marche, mais plutôt souple que raide, chargée d'une tension paradoxalement volatile. Elle m'inspire la fraîcheur d'une ballade nocturne, une sorte d'introspection fantastique.
Sarah : Pour finir, une courte ballade de 10'06. Je n'adhère pas à toutes les périodes de Slowdive, mais cette chanson est d'une évidence désarmante. L'entrée des éléments est si bien choisie. Une chose après l'autre. Une fois de plus, l'économie des moyens rend l'écoute tout à fait différente. En écoutant Slowdive, je pense au nouveau projet de Mickaël, notre bassiste : Unfair To Facts.