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Compte-rendu live - 25/01/09 de Roméo & Sarah

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Alors c’est comme ça maintenant, la Flèche d’Or à Paris. Cétounoir, avec un bar retranché qui vous attaque le portefeuille au moindre verre, et des caissons qui pullulent pour recueillir la note orpheline. Une ambiance réaménagée, mi-club cosy, mi-salle de concert, que Roméo & Sarah ont pris plaisir à materner samedi dernier en première partie de Plants And Animals* et La Chatte**.

Et parce que préparer le terrain pour La Chatte n’est pas une mince affaire, le séducteur Roméo s’était mis sur son 31. Visage viril et compliqué comme Jérémy Renier, pull woolite d’une blancheur incontestable, pantalon qui assoit son homme, et socquettes noires qui le font avancer fièrement. Un chic que Sarah n’a aucun mal à décliner, avec sa mini-silhouette et une allure mutine que des claviers deux fois plus grands qu’elle barricadent sérieusement.

C’est d’ailleurs du haut de cet attelage inégal que s’ordonne l’immersion, dès que retentit le filet de voix onirique de la diseuse. Un chant blanc comme un fantôme qui louvoie dans les rangs pendant toute la prestation de nos espoirs de l’année. Clairsemé au départ, le public grandit et s’assoit sagement devant le duo augmenté de Mickaël Labbé à la basse et Paul-Henri Rougier au synthé.

On pose ses fesses devant les longues coulées pop et vaporeuses de Roméo & Sarah comme on dérouillerait son voisin face aux assauts d’un gang de fieffés rockeurs. C’est l’acte naturel, la posture recommandée par ses accords qui se génèrent en pleine langueur, par ses mélodies qui se déroulent sans une once de brutalité, sinon des coups de grâce. Comme les ritournelles féminines de Beach House passées par le filtre athlétique de Slint. Quand, dans la ronde qui fait se succéder chaque membre derrière les fûts, le tatapoum est assuré par le spécialiste du genre Roméo, la rythmique se fait motorik et l’entrain plus nerveux. Un seul orage viendra traverser la performance, une strie bruitiste que n’auraient pas reniée les plus vaillants post-rockeurs instrumentaux.

Du coup, on attend avec impatience le printemps qui coïncidera avec la sortie du premier album de ces nouveaux hérauts de la constellation alsacienne Herzfeld***.

Michael Jordan.

* Ça a commencé comme Soundgarden, et ça s’est fini comme Hot Hot Heat. C’était valeureusement lourdaud, et d’après les spécialistes du genre, les Canadiens avaient oublié la finesse de leur premier album à Montréal.

** De l’électronique en totale inadéquation avec le reste d’une affiche qui n’aura eu au final ni queue ni tête. Avec la chanteuse Vava Dudu fagotée comme un épouvantail, c’était comme du Fever Ray en mode electroclash.

*** Chute totalement bâclée.



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