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Derrière un patronyme inhabituel au bottin indie folk, rattaché davantage au coureur automobile ou au videur de boîte de nuit, se cache un songwriter plutôt sensible. Son écriture tutoie la retenue des disques de Iron & Wine, sans déployer autant de beautés éplorées. Moins fragile que le groupe de Sam Beam (quoique Upper's Aren't Necessary démarre presque comme The Boxer de Simon & Garfunkel), Rocky Votolato possède une voix légèrement éraillée, qui ne le conduit pas forcément à jouer d'une dommageable rudesse propre au cliché du bourlingueur buriné. Entre un père biker et une enfance rurale au Texas, Rocky aurait manifestement de quoi donner du poids à ses textes. Pour Makers, son quatrième Lp, il a trouvé refuge sur Barsuk, le label américain de Nada Surf et Death Cab For Curtie. Capable de ne pas trop s'engluer dans le mélodrame ou l'usage irraisonné de la pedal steel, notre homme travaille de manière néanmoins bien terre-à-terre ce registre de l'immobilisme existentiel, qui prend parfois les Américains à la gorge pour leur inspirer le meilleur et le pire de la considération peinée. Le rire jaune des Silver Jews est hors de portée, quand un morceau tel que Tinfoil Hats fait trop ouvertement référence à l'héritage de Neil Young. Scolaire (The Night's Disguise), mais parfois idéalement dénudé (She Was Only In It For The Rain), Makers s'avère un album plus contrasté que ne le laissait transparaître la première écoute. Mais le caractère un peu vert de cette musique n'est que partiellement contrebalancé par sa modestie.
JULIEN WELTER
MAGIC RPM  #98
article extrait de :
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