En kiosque actuellement Commander

Installation Sonore de rinôçérôse

chronique d'album
À quoi pourrait bien ressembler un groupe de rock reconverti dans la house et le dub, sans en faire une histoire de marketing et d'opportunisme. À "Rinôçérôse", bien sûr, ces anciens Maracas montpelliérains gagnés à la cause de la dance. Bizarrement, il aura fallu du temps pour que les bricolages gentiment dingos de Jean-Philippe et Patou trouvent droit de cité par ici. C'est donc le toujours courageux label espagnol Elefant (pourtant plus marqué pop qu'électronique) qui a sorti leurs premières réalisations. Il faut dire que les sons de Rinôcérôse ne doivent rien à l'élégance un peu compassée ou à la légèreté "golden boy" de ce qui a construit la légende "french touch". Fondamentalement, les "Rinôçérôse" restent des rockers, de cette frange festive qui fraie trop souvent avec l'anodin, mais peut parfois trouver la formule magique de la joie de vivre transcrite en vibrations sonores. Rinôcérôse, avec son Installation Sonore parcourt toute la palette. On retrouve ici le superbe Le Mobilier, morceau-titre du maxi de l'an dernier qui annonçait un grand album et focalisait une juste attention sur les deux artisans sudistes. La véritable identité du duo n'est sans doute pas dans des titres comme Radio Capte, house habile, mais qui aurait pu être concoctée par d'autres, mais plutôt dans les frottements inédits entre instruments rock et les ficelles du groove électronique : les accords saturés et la six-cordes sautillante de Guitaristic, la boucle de guitare acoustique de 260 Seconds De Musique, les délires bossa adorablement kistches de Mes Vacances A Rio, les riffs bluesy de I Love Ma Guitar, l'arpège très pop de Popular Mechanics ou les dérives de Rock Classics Vol 1, qui démarrent sur un sample de Cure période 17 Seconds. Tous ces exemples pourraient n'être que des figures de style, mais ici, jamais les rencontres ne semblent forcées. La priorité reste à la souplesse des rythmes, guitares et basses trouvant naturellement leur place avec une jubilation complète mais en sachant tenir leur rang, sans essayer d'accaparer tout le soleil. Même les âmes rétives aux musiques trop béates succombent face à cette fraîcheur intelligente, à cette exaltation solaire de la légèreté de l'être.
Philippe Richard
MAGIC RPM  #29
article extrait de :
MAGIC RPM #29 Commander ce numéro


Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser