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Futurinô, le quatrième Lp de «rinôçérôse», possède plus d’un point commun avec l’excellent Beautiful Future (2008) de Primal Scream, l’album miraculeux qui sauva l’été 2008. Propension commune à transcender la dance par les guitares, retour aux fondamentaux d’un songwriting pop et invités de choix mettent aisément les deux disques en parallèle. Une comparaison aussi flatteuse que justifiée, puisque les deux groupes partagent cette attitude frondeuse et expérimentale, en ne reniant jamais quelques préceptes issus d’une parfaite connaissance de leurs classiques.

De plus, ils ont su se construire sur la durée, cherchant de nouvelles pistes tout en gardant une identité qui leur est propre. Exigence et expérience se retrouvent donc sur cet album plaisamment estival et pas grippe-sou en matière de tubes : Ninja (The Go! Team) dynamite en douceur le single primesautier Time Machine, l’ex-Ride Mark Gardener tente le hit surclassé (Where You From?), et Jessie Chaton (Fancy) malmène deux titres de sa voix ardente (Touch Me, My Cadillac). Futurinô défile ainsi à la vitesse de l’éclair, toutes guitares dehors.

Des plages plus sombres figurent également au générique de ces dix titres, comme ce faussement offensif Panic Attack en ouverture ou cette merveille de légèreté neworderesque qu’est Mind City. Lorsque Mark Gardener fait plier la douceur d’un nouvel été d’amour sous les assauts téméraires d’une mélancolie sans fin (Week-End Of Sin), tout en entraînant The Beloved sur un terrain vague pour un dernier slow presque douloureux, on sait que la boucle est bouclée.
Etienne Greib
MAGIC RPM  #131


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