De
songwriter au cœur lourd, Richard Swift est devenu crooner au swing dévorateur.
Si l’Américain s’était déjà autorisé quelques sérieux déhanchements sur le
précédent Dressed Up For The Letdown
(2007), il en arrive à se déboîter gravement le bassin sur l’encore plus
athlétique The Atlantic Ocean. La
voix franche et la mélodie ample, le piano bastringue comme meilleur ami, les
synthés criards en guise d’euphorisants : dès l’ouverture, cet alliage
insolite fédère le groove sur la chanson titre avant de le concentrer plus tard
sur les morceaux siamois The Original
Thought, Hallelujah Goodnight! et
A Song For Milton Feher.
Comme des hymnes de music-hall que Joseph Mount (Metronomy) aurait pavé de claviers qui sonnent l’alarme, cette poignée de rengaines dépoussière d’un coup de plumeau moderniste les affinités vintage de Richard Swift, son goût pour le balancé fifties, le ragtime et l’Amérique orchestrée de Randy Newman ou Harry Nilsson. Une honky pop dont le boogie woogie s’électrise sur The First Time ou Ballad Of Old What’s His Name, un titre sur lequel apparaîtraient le producteur Mark Ronson, Sean Lennon, Ryan Adams et Pat Sansone de Wilco. Plus loin, quand la terminale Lady Luck nous love dans un nuage d’effluves et de vocalises soul, Bat Coma Motown cite nommément l’influence à grand renfort de cuivres.
Mais parce qu’une âme perdue ne se retrouve jamais entièrement, derrière ses nouveaux airs enjôleurs, l’artiste à l’humeur fluctuante cible toujours la fêlure en érigeant avec R.I.P., Already Gone et The End Of An Age un triptyque d’une violente dramaturgie. Comme M. Ward l’a fait récemment avec Hold Time et sa guitare, Richard Swift le fait avec The Atlantic Ocean et son piano : étirer un songwriting panoramique qui régénère le passé à l’orée du présent, qui parsème la tradition d’étincelles mystérieuses, qui part du fin fond des entrailles de l’homme pour parader sur les plus hauts toits d’Amérique.
Comme des hymnes de music-hall que Joseph Mount (Metronomy) aurait pavé de claviers qui sonnent l’alarme, cette poignée de rengaines dépoussière d’un coup de plumeau moderniste les affinités vintage de Richard Swift, son goût pour le balancé fifties, le ragtime et l’Amérique orchestrée de Randy Newman ou Harry Nilsson. Une honky pop dont le boogie woogie s’électrise sur The First Time ou Ballad Of Old What’s His Name, un titre sur lequel apparaîtraient le producteur Mark Ronson, Sean Lennon, Ryan Adams et Pat Sansone de Wilco. Plus loin, quand la terminale Lady Luck nous love dans un nuage d’effluves et de vocalises soul, Bat Coma Motown cite nommément l’influence à grand renfort de cuivres.
Mais parce qu’une âme perdue ne se retrouve jamais entièrement, derrière ses nouveaux airs enjôleurs, l’artiste à l’humeur fluctuante cible toujours la fêlure en érigeant avec R.I.P., Already Gone et The End Of An Age un triptyque d’une violente dramaturgie. Comme M. Ward l’a fait récemment avec Hold Time et sa guitare, Richard Swift le fait avec The Atlantic Ocean et son piano : étirer un songwriting panoramique qui régénère le passé à l’orée du présent, qui parsème la tradition d’étincelles mystérieuses, qui part du fin fond des entrailles de l’homme pour parader sur les plus hauts toits d’Amérique.