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En un album et demi, Richard Hawley s'est imposé comme LE crooner britannique du nouveau millénaire. Au point de poser fièrement, enfourchant une mythique BSA sous un soleil irradiant, sur la pochette de son deuxième Lp, son meilleur disque à ce jour. Ce qui n'est pas peu dire, vu le niveau d'excellence de ses deux premiers opus. Le titre d'ouverture, l'extraordinaire Run For Me, justifie à lui seul l'acquisition de cet objet du désir. À bien y réfléchir, on peut même le considérer comme le premier tube de sa carrière, qui, rappelons-le, commença sous les mauvais auspices des Longpigs. Mais depuis son mini-album éponyme, ce digne héritier de Roy Orbison sait marier comme personne sa voix chaude aux envolées symphoniques, sans jamais verser dans le lyrisme grandiloquent ou le pompiérisme larmoyant. Tant et si bien que l'on ne s'étonne guère de sa participation au prochain enregistrement de Scott Walker, à la demande expresse de ce dernier. Bouleversante et lumineuse collection de chansons d'amour (Darlin', Oh My Love, It's Over Love, les titres parlent d'eux-mêmes...), Lowedges n'est pas sans rappeler par moments les premiers pas d'Edwyn Collins en solo. Et puisque cet album est doublement dédié à la cause motocyclique, on rebaptisera le natif de Sheffield Richard Harley.
Franck Vergeade
MAGIC RPM  #68
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