“I'm not trying to be cool/I only want to be kind”. Proférées
à la dérobée au beau milieu de l'album sur fond d'amourette révolue, ces deux
vers n'en résonnent pas moins, dans la bouche de Martin Courtney, comme un
sacré manifeste. Car Real Estate balaye toute espèce de pose pour ne se
consacrer qu'à la douceur, à la tendresse, à la luminosité. S'épanouir
en marge des modes est tout un art, et l'histoire des groupes les plus
illustres du New Jersey – “la banlieue la plus plouc de New York” (dixit
le grand Bill Million dans ces pages) – semble d'ailleurs se résumer à cette
recherche précieuse : une quête effrénée vers la lumière. À l'instar de ces
glorieux devanciers The Feelies et autres Yo La Tengo, Real Estate ne déroge
pas à la règle. De ses premières productions – un premier album éponyme en
2009, chaleureux et alangui comme un été sans fin, un EP à la paresse câline (Reality,
2009), une flopée de singles – déjà brillantes et résolument portées par
les couleurs rustiques de fiers labels lo-fi (Woodsist, Mexican Summer,
Underwater Peoples), le groupe du New Jersey a poli tous les angles. Faut-il l’imputer
à sa récente signature chez Domino ou aux services de l’ingénieur du son Kevin
McMahon (The Walkmen, Titus Andronicus), toujours est-il que ce deuxième LP
bénéficie d'une mise en son impeccable, rehaussant tous les points forts sans
perdre une miette de charme.
Le single Out Of Tune, présent sur le disque mais sorti dès l'été 2010, indiquait déjà la direction suivie : le trio s'essaierait à l'efficacité ravageuse. Sur ce terrain inattendu, il s'impose avec une facilité éblouissante, de l'ouverture en trombe d'Easy aux gimmicks espiègles d'It's Real, désigné comme single naturel par sa perfection pop. Ce nouvel éclairage, solaire pour de bon, ne peut que griser : tendu vers l'intemporel, il n'évoque que les plus grands. Les arabesques de Green Aisles ressuscitent les plus belles ballades de The Smiths ; Wonders Years, merveille de nostalgie béate, louche vers l'Australie et l'immortel souvenir de The Go-Betweens ou de The Church. Là, la malice des guitares de Municipality invoque le spectre de Felt, tandis que Kinder Bluemen n'aurait pas non plus déparé sur Let The Snakes Crinkle Their Heads To Death (1985). Mais c'est aussi sur ce genre d'instrumentaux en spirale que Real Estate s'est bâti une véritable identité sonore, héritée en grande part des expérimentations de Ducktails, projet solo du guitariste Matt Mondanile. All The Same, conclusion en forme de morceau de bravoure, en est la preuve frappante, dans sa finesse pop se diluant progressivement dans les arpèges égrenés sans relâche. Et dans cet équilibre fragile, on reconnaît, ténue, la marque des disques essentiels, ceux que l'on réserve pour les moments de spleen idéal. Ces instants où l'on rêve, le cœur pétri d'allégresse, d'un espace-temps plus beau où les jours caressants s'écouleraient dans la félicité. Cette musique du bonheur, la voici – It's Real.
Le single Out Of Tune, présent sur le disque mais sorti dès l'été 2010, indiquait déjà la direction suivie : le trio s'essaierait à l'efficacité ravageuse. Sur ce terrain inattendu, il s'impose avec une facilité éblouissante, de l'ouverture en trombe d'Easy aux gimmicks espiègles d'It's Real, désigné comme single naturel par sa perfection pop. Ce nouvel éclairage, solaire pour de bon, ne peut que griser : tendu vers l'intemporel, il n'évoque que les plus grands. Les arabesques de Green Aisles ressuscitent les plus belles ballades de The Smiths ; Wonders Years, merveille de nostalgie béate, louche vers l'Australie et l'immortel souvenir de The Go-Betweens ou de The Church. Là, la malice des guitares de Municipality invoque le spectre de Felt, tandis que Kinder Bluemen n'aurait pas non plus déparé sur Let The Snakes Crinkle Their Heads To Death (1985). Mais c'est aussi sur ce genre d'instrumentaux en spirale que Real Estate s'est bâti une véritable identité sonore, héritée en grande part des expérimentations de Ducktails, projet solo du guitariste Matt Mondanile. All The Same, conclusion en forme de morceau de bravoure, en est la preuve frappante, dans sa finesse pop se diluant progressivement dans les arpèges égrenés sans relâche. Et dans cet équilibre fragile, on reconnaît, ténue, la marque des disques essentiels, ceux que l'on réserve pour les moments de spleen idéal. Ces instants où l'on rêve, le cœur pétri d'allégresse, d'un espace-temps plus beau où les jours caressants s'écouleraient dans la félicité. Cette musique du bonheur, la voici – It's Real.
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Nous allons pouvoir nous lover dans cette jolie couette sonore pour se protéger de l'hiver et attendre le printemps patiemment.......
je suis également tombé sous le charme de leurs musique
