Razorlight

Vu par Magic

Up All Night

archive mag octobre 2004
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Nouveaux héros de la jeunesse biberonnée au NME, les garçons de Razorlight ont-ils vraiment mérité tous ces honneurs ? La morgue affichée qui leur souffle la "bonne" idée de donner un concert sur un toit londonien (à  la Beatles) ou les belles gueules du chanteur et du bassiste semblent un bon point de départ pour en faire de la chair à  saucisses destinée à  la presse anglaise. Et à  vrai dire, l'excellent single Golden Touch, avec ses faux airs de 10:15 Saturday Night, tout en staccato de guitares, rythmique imparable et chant désinvolte, n'était pas pour démentir ce premier constat. Un hymne poststrokesien idéal, en somme. Vision fulgurante, fugitive... et ô combien trompeuse de ce premier album, Up All Night. Nulle trace, en effet, de la superbe entrevue sur ce tube programmé, si ce n'est chez son petit frère Stumble And Fall, hymne punk malin époumoné les dents serrées et le poing sur le coeur. Ce maigre butin, compte tenu des standards actuels, pourrait suffire à  certains. Après tout, si l'on oublie clichés textuels, plans guitaristiques et poncifs garage alignés ici sans même le génie mélodique d'Oasis, pourquoi pas ? Mais si l'on considère que le Viceselon ce quatuor international a des effluves de U2, le pire reste à  craindre dans le futur : un incommensurable ennui. Une euthanasie artistique reste encore exclue, mais la prochaine fois, par sécurité, prévoyez des mots croisés.

Estelle Chardac

article extrait de :
MAGIC RPM #84


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