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Peoplefreak

archive mag mai 1998
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Logiquement, commençons par décliner l'identité du musicien qui se cache derrière la formule Rare : Sean O'Neil, l'éminence grise des légendaires punks irlandais (du nord) The Undertones puis compositeur des inclassables That Petrol Emotion. En clair, un homme que l'on respecte. Le voilà donc, après vingt années de services, à jouer les cadors sur un créneau porteur : le quatuor électronico-groove, livré avec sampler et chanteuse de rigueur. Mais Rare n'est pas une énième attraction trip hop de saison. Dès Life Can, le rythme est flottant, instable, percuté par de curieux grincements alors qu'une voix déboussolée complète le tableau. En deux minutes, on sait que Rare ne joue pas le jeu à la mode, rejoint très rapidement d'autres champs, plus jungle que pré carré. Ainsi, Same As Always, Shanker ou Killer filent droit vers des espaces souvent fréquentés par les têtes chercheuses de Laïka ou Moonshake, ces empêcheurs de groover en rond. Seul Something Wild et sa ritournelle chaloupée s'impose d'entrée mais pour le reste, Rare s'amuse à bricoler de drôles d'ambiances et la voix joliment plaintive, un brin perverse même, de Mary Gallagher y est pour beaucoup. Seul problème : Rare n'arrive pas à convaincre sur la longueur. Les quatre derniers titres laissent une désagréable impression d'une conduite en pilotage automatique, un brin trop sage pour ces adeptes des montagnes russes.

Hervé Crespy

magazine num 20 article extrait de :
MAGIC RPM #20


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