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Music For Total Chickens
archive mag février 2007
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Né le 28 décembre 1972, le tennisman australien Patrick Rafter fut l'un des plus brillants tenanciers du service-volée. Une hargne offensive inépuisable doublé d'un physique impressionnant, mêlant grâce du surfeur (la queue de cheval, la décontraction de tous les instants) et rudesse du bûcheron (1m85, 80 kilos), lui permirent de remporter à deux reprises l'US Open, l'un des quatre tournois du Grand Chelem. Plus court numéro un de l'histoire en 1999 (une toute petite semaine), le grand échalas dût ensuite composer avec les blessures, ses rares moments de répit le voyant atteindre deux fois la finale de Wimbledon (perdue contre Pete Sampras en 2000 et Goran Ivanisevic l'année suivante), et trois fois celle de la Coupe Davis (dont une victoire en 1999). C'est justement à l'occasion de sa troisième et dernière finale de cette compétition, remportée par la France grâce au génie de Nicolas Escudé, que Patrick Rafter décide de mettre un terme à sa carrière, à l'âge de vingt-huit ans... C'est également ce que l'on conseillera à Rafter, dont l'album n'a pas grand intérêt sinon celui d'évoquer son sportif d'homonyme. Rafter Roberts feint la folie de Daniel Johnston, la géniale confusion d'Animal Collective et l'innocence de Fog, mais on le devine aussi pragmatique, ordonné et mature qu'un général parti en campagne. S'il se dégage parfois de ces vignettes balancées entre folk neurasthénique et musique contemporaine une étrange magie, l'ensemble est trop désarticulé pour s'avérer attachant. Sans compter qu'avec cette photo d'oeuf éclaté en plein vol, on détient là l'une des pochettes les plus hideuses de l'histoire.
Anna Lester
article extrait de :
MAGIC RPM #107
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