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Stealing Of A Nation
archive mag août 2004
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Si la qualité d'un groupe se jugeait à l'aune de sa capacité à se renouveler artistiquement, Radio 4 pourrait prétendre haut la main au titre de "meilleure formation de l'univers". Après s'être débarrassé de ses inflexions hardcore sur un premier album, The New Song And Dance, à l'origine passé inaperçu, il a ensuite pris à -bras-le-corps le spectre post-punk (et celui de Gang Of... 4 en particulier) sur le quelque peu surévalué Gotham!, produit par la doublette très mode de ce début de millénaire, Tim Goldsworthy et James Murphy, et porté à bout de bras par la rengaine Dance To The Underground. Certes, le quintette ne rechigne pas à réutiliser ici la recette (pulsions de basse, chant scandé), comme en témoignent State Of Alertou No Reaction, mais force est de reconnaître qu'il s'est refusé à la redite, en convoquant Max Heyes (brillant producteur des Doves ou Primal Scream) et l"électronique au chevet de compositions envisagées comme autant de machines à danser. Ou peu s'en faut. Ainsi baptisé en hommage à un morceau reggae de 1979 - Healing Of A Nationde Jacob Miller -, ce troisième Lp se montre plus "léger" dans ses atours. Si Party Crashersse revendique en enfant caché des Happy Mondays (le groove hypnotique) et The Cure (ce piano noyé dans la réverb'), Transmission ravive la flamme d'un tube... underground, l'Eurodiscode Bis. Plus loin, (Give Me All Your) Moneymélange à merveille astuces électroniques et énergie organique alors que la chanson-titre est imprégnée d'un dub renouant avec l'esprit Clash de Sandinista, autre influence visiblement importante dans le panthéon Radio 4, à en croire la puissance mélodique de Absolute Affirmation. Quant au morceau final, il rappelle avec les ambiances lancinantes concoctées par les Fun Boy 3 de Terry Hall. Dès lors, si Anthony Roman et ses quatre amis offrent diverses explications au choix du titre de ce disque (l'élection présidentielle de 2000, l'invasion en Irak...), on peut également l'associer au pillage en bonne et due forme de l'héritage musical britannique que viennent de réussir avec brio ces citoyens américains.
Christophe Basterra
article extrait de :
MAGIC RPM #83
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