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Made In Medina de Rachid Taha

chronique d'album
Rachid Taha et Steve Hillage fêtent avec Made In Medina la majorité d'une collaboration entamée dans les années quatre-vingt au sein de Carte De Séjour. Dix-huit ans que les deux compères affinent ce savant mélange de rythmes gnawa et techno sur lesquels viennent se fracasser des guitares furieusement électriques entre Maghreb et Memphis , histoire de rappeler que le garçon a découvert la musique avec Africa Bambaataa ET Alan Vega ou The Cramps. Entre Oud et Telecaster, Taha joue quelque chose comme NOTRE world music, aussi risquée et dangereuse qu'on puisse la souhaiter, à mille lieux des productions lisses de ses collègues d'une tournée, Khaled et Faudel. Car, loin d'être la simple icône de la génération qui "ne voulait pas de mal à ses potes", Taha est devenu au fil du temps un des acteurs essentiels de la grande sono mondiale. Adepte de Dr John, il a intégré les rythmes vaudous à sa formule musicale déjà éprouvée sur le splendide Diwân, son précédent album. Le petit nouveau s'appelle Made In Medina et, pétri de muscles, s'apprête à faire du grabuge. De Barra Barra, (premier) morceau de bravoure à faire "rocker" toutes les casbahs du monde à Garab, transe ultime et sommet indiscutable du disque, il n'y a ici rien à jeter. Bien décidée à gagner le combat par KO, la paire Taha/Hillage balance une oeuvre énergique et savamment arrangée, qui pourrait bien réunir des castes d'ordinaire ennemies. Pour vous en convaincre, jetez donc une oreille au zeppelinien Aie Aie Aie, au funky Vérité ou à Ho Chérie Chérie : votre discothèque risque de paraître bien fade par la suite. Made In Medina, un disque qui fait avancer le schmilblick!
Renaud Paulik
MAGIC RPM  #45
article extrait de :
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