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Waves Are Universal
archive mag juin 2004
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Voilà un disque que l'on aurait adoré aimer. À moins que ce ne soit l'inverse... Rachel Goswell, quand même. Pour les béotiens, on parle ici (à voix basse, bien sûr) de l'égérie, cachée derrière sa mèche brune et une basse effroyablement démesurée, de toute une armée de mélomanes indie transis à l'orée des années 90. De Slowdive à Mojave 3, la demoiselle - lèvres désespérément carmin, minois de porcelaine - avait jusque-là toujours suivi les traces de son ex-amoureux, Neil Halstead, fuyant tout comme lui les atmosphères brumeuses et cotonneuses de leur Grande-Bretagne natale pour humer l'air aride et torride des grands espaces américains. Mais aujourd'hui, la discrète a décidé de s'émanciper sur un premier album solo, Waves Are Universal, enregistré avec l'aide de Joe Light et du producteur David Naughton. Oui, c'est vrai, on l'avait fantasmée en Hope Sandoval puritaine et effarouchée. Mais, trop vite, on est contraint (forcé, même) de se résoudre à la réalité, à ces douze chansons qui souffrent trop de la comparaison avec les disques de son groupe habituel, en particulier le dernier en date, le majestueux Spoon & Rafter. Et lorsque Rachel Goswell prend le risque de s'éloigner, le temps d'un Warm Summer Sun, par exemple, c'est pour s'égarer dans des contrées celtiques peu engageantes, arrangements traditionnels obligent. Pourtant, par moments, la dame flirte gracieusement avec l'excellence tant espérée, en particulier sur un Coastlineaérien ou un Sleepless & Tootingaux accents country débonnaires. Mais, le reste du temps, justice n'est pas rendue à ces compositions, parfois à peine dignes de démos (dommage, car Deelayvalait mieux que ces percussions mal dégrossies), parfois gâchées - et c'est bien là que le bât blesse, définitivement - par une voix qui parvient à raviver les inquiétants fantômes de Dolores O'Riordan des Cranberries ou de la Brucette Springsteenette en chef, Maria McKee. Autant de raisons supplémentaires pour avoir le vague à l'âme.
Christophe Basterra
article extrait de :
MAGIC RPM #81
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