Biographie
Ariel Pink est peut-être la seule personne sur terre à avoir écouté la totalité la discographie de son mentor. Entre 1968 et aujourd'hui, R. Stevie Moore publie très discrètement une moyenne de trois albums par an, tous (ou presque) enregistrés dans son home-studio sur des bandes analogiques qu'il triture, accélère et renverse. Fils de Bob Moore, musicien country ayant accompagné entre autres Bob Dylan et Elvis Presley, R. Stevie fait un rejet complet de l'héritage paternel et construit son œuvre en opposition à celui-ci. Il ne jure que par The Beatles, The Zombies, Syd Barrett, The Beach Boys et Frank Zappa. En 1976, il édite un premier disque sur une vraie structure, le merveilleux Phonography, qui déborde de hits décomplexés (I Wish I Could Sing, Goodbye Piano), d'une fraîcheur et d'une spontanéité qui feraient pâlir Stephen Pastel. Mélodiste incomparable, songwriter drôle et poétique, il traverse les années 80 sans trouver d'autre tribune que l'émission télévisée d'Uncle Floyd, quelques critiques dithyrambiques et le label français New Rose. On peut enfin espérer que le succès d'Ariel Pink profite à celui qu'il appelle “son papa”, certainement l'un des génies les plus injustement méconnus de l'histoire contemporaine. Et s'il se plaît à rappeler aujourd'hui au NME : “Je suis un génie et je ne peux rien y faire”, on ne saurait le contredire et on recommandera l'indispensable introduction Meet The R. Stevie Moore (2008). D’ailleurs, deux admirateurs français du bonhomme, Frédéric Landini (Get Back Guinozzi!) et Régis Laugier (Hifiklub) ont fomenté un groupe à distance, avec le renfort de Mike Watt en quatrième membre. À l'âge de cinquante-huit ans, le futur semble toujours aussi radieux pour celui qui chantait (reprenant Dr. Hook) son rêve d'admirer son visage souriant en couverture de Rolling Stone
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