Ni pervers, ni masochistes. Pourtant, c'est avec plaisir qu'on suivra une nouvelle fois Josh Homme et ses desperados dans le désert poussiéreux de Californie, martelé par un soleil de plomb. Tel est le paysage où se joue le détonnant troisième album de Queens Of The Stone Age. Et la bataille qui s'y livre n'a rien d'une partie de plaisir. Les habitués en savent quelque chose, même s'ils ne sont pas pour autant à l'abri d'une balle perdue. En effet, les détours pop qui jalonnaient le précédent opus, l'impeccable Rated R, sont là bien moins marqués. Si les mélodies sont tout aussi efficaces, le combo semble avoir préféré l'action à la réflexion. Ainsi, après s'être adjoint les services (entre autres) de Mark Lanegan, il a ici recruté Dave Grohl derrière la batterie. Et le ramage se rapporte au plumage de la bête. C'est alors Motorhead, Jon Spencer et The Screaming Trees au diapason d'un insolite Radiohead metal qui électrise nos sens. Cet album, redoutable, brûlant et sauvage en apparence est en réalité une mine de surprises délicieuses et inattendues. Queens Of The Stone Age se révèle l'un des tout derniers groupes étiquetés (forcément à tort) hard rock américain à pouvoir réellement surprendre.