Lorsque sort le premier album de Queens Of The Stone Age en 1998, John Homme n’a pas encore obtenu les galons qui ornent aujourd’hui son veston et rappellent ses victoires décrochées auprès de The Strokes, Arctic Monkeys, Foo Fighters, UNKLE, Primal Scream et autres PJ Harvey. Il est pourtant loin d’être un bleu. Avec quelques amis de son bled perdu dans le désert, au sud de la Californie, il a fait de Kyuss l’un des groupes les plus fantastiques de la décennie 90. Tant pour son mélange de heavy metal et de rock psychédélique seventies (avec Blue Cheer et Black Sabbath dans le rétroviseur) que pour son énergie radicale plus contemporaine, comme en produisent, plus au Nord, Melvins et Nirvana. Et comme on disait grunge pour les uns, on dit alors stoner pour les autres. À la fin de Kyuss, chacun emprunte un chemin musical différent : le chanteur John Garcia poursuit dans la même voie, Nick Oliveri rejoint les punks de Dwarves et Brant Bjork distille un rock à la fois very cool et muy caliente. Josh Homme, quant à lui, s’accorde une pause en allant piger le temps de quelques concerts chez les Screaming Trees. Il n’est pas interdit d’imaginer que c’est là, à Seattle et auprès de Mark Lanegan, que notre Homme prend goût aux mélodies pop vicieuses qui vont dorénavant hanter chacun de ses disques.
Regular John
En 1996, une brève séance d’enregistrement est organisée au Rancho De La Luna, le studio de Fred Drake et Dave Catching (earthlings?), situé en plein désert de Joshua Tree. Le label culte Man’s Ruin édite trois titres qu’il complète avec des morceaux issus des derniers instants de Kyuss. Comme les deux versants d’une même vallée, ce split EP est la transition parfaite d’un univers à un autre (Spiders And Vinegaroons figure en bonus de la présente édition). L’année suivante, il monte une nouvelle équipe (Ben Shepherd de Soundgarden, et deux des batteurs de Kyuss sont de la partie). En quelque sept jours d’expérimentations et beaucoup plus de bière mexicaine, l’orchestre d’intérimaires enregistre les deux premiers volumes des fameuses Desert Sessions et pose des jalons mélodiques foutraques mais réellement audacieux d’un rock néo-vintage fascinant. Pour son retour au Ranch sonique, l’année suivante, Josh Homme recrute plus léger : il enrôle Alfredo Hernandez de Kyuss tandis qu’ayant définitivement abandonné l’idée de faire interpréter ses chansons par des invités, il endosse a lui seul la responsabilité des voix, des guitares et des lignes de basse qu’il signe sous le pseudonyme de Carlo Von Sexron (alias que l’on retrouvera plus tard chez Eagles of Death Metal). C’est donc en (faux) trio que s’écrit le premier chapitre de QOTSA et s’il ne possède pas l’élégance et la puissance racée des deux suivants (sûr qu’avec Mark Lanegan et Nick Oliveri à vos côtés, vous devenez le maître du rock’n’roll), ce disque est tout aussi jubilatoire. Dès l’ouverture, le mélange de rythmes tendus et de mélodies débonnaires de Regular John et You Would Know donnent le ton. Un peu plus loin, on imagine les Stooges façon redneck rejouer If Only, un morceau déjà enregistré au cours des Desert Sessions. Et si le bonHomme ne s’est toujours pas affranchi de ses dithyrambes psych-rock, c’est assurément pour le meilleur : parvenir à une écriture harmonique différente en restant toujours aussi incisif (You Can Quit Me Baby, Mexicola).
Avon
Avec le recul d’une douzaine d’années et surtout d’un succès croissant, on mesure pleinement l’influence de cet album. Qu’il ait été épaulé d’un ami fidèle ou d’une armée de pistoleros, Josh Homme a marqué de son empreinte une décennie musicale qu’on nous avait pourtant annoncée aux mains de lycéens new-yorkais bien nés. Mais un bon historien vous le dira, ce sont autant les lieux que les hommes qui écrivent l’Histoire. Le désert californien n’est pas seulement l’élément d’un décor exotique et mystérieux, il est l’autre membre originel du groupe et la condition nécessaire à l’élaboration de sa musique. Ainsi, QOTSA n’est rien d’autre que le bruit d’un seul homme qui dompte la nature. Avec pour seuls outils une pédale Fuzz et des bières mexicaines.
Regular John
En 1996, une brève séance d’enregistrement est organisée au Rancho De La Luna, le studio de Fred Drake et Dave Catching (earthlings?), situé en plein désert de Joshua Tree. Le label culte Man’s Ruin édite trois titres qu’il complète avec des morceaux issus des derniers instants de Kyuss. Comme les deux versants d’une même vallée, ce split EP est la transition parfaite d’un univers à un autre (Spiders And Vinegaroons figure en bonus de la présente édition). L’année suivante, il monte une nouvelle équipe (Ben Shepherd de Soundgarden, et deux des batteurs de Kyuss sont de la partie). En quelque sept jours d’expérimentations et beaucoup plus de bière mexicaine, l’orchestre d’intérimaires enregistre les deux premiers volumes des fameuses Desert Sessions et pose des jalons mélodiques foutraques mais réellement audacieux d’un rock néo-vintage fascinant. Pour son retour au Ranch sonique, l’année suivante, Josh Homme recrute plus léger : il enrôle Alfredo Hernandez de Kyuss tandis qu’ayant définitivement abandonné l’idée de faire interpréter ses chansons par des invités, il endosse a lui seul la responsabilité des voix, des guitares et des lignes de basse qu’il signe sous le pseudonyme de Carlo Von Sexron (alias que l’on retrouvera plus tard chez Eagles of Death Metal). C’est donc en (faux) trio que s’écrit le premier chapitre de QOTSA et s’il ne possède pas l’élégance et la puissance racée des deux suivants (sûr qu’avec Mark Lanegan et Nick Oliveri à vos côtés, vous devenez le maître du rock’n’roll), ce disque est tout aussi jubilatoire. Dès l’ouverture, le mélange de rythmes tendus et de mélodies débonnaires de Regular John et You Would Know donnent le ton. Un peu plus loin, on imagine les Stooges façon redneck rejouer If Only, un morceau déjà enregistré au cours des Desert Sessions. Et si le bonHomme ne s’est toujours pas affranchi de ses dithyrambes psych-rock, c’est assurément pour le meilleur : parvenir à une écriture harmonique différente en restant toujours aussi incisif (You Can Quit Me Baby, Mexicola).
Avon
Avec le recul d’une douzaine d’années et surtout d’un succès croissant, on mesure pleinement l’influence de cet album. Qu’il ait été épaulé d’un ami fidèle ou d’une armée de pistoleros, Josh Homme a marqué de son empreinte une décennie musicale qu’on nous avait pourtant annoncée aux mains de lycéens new-yorkais bien nés. Mais un bon historien vous le dira, ce sont autant les lieux que les hommes qui écrivent l’Histoire. Le désert californien n’est pas seulement l’élément d’un décor exotique et mystérieux, il est l’autre membre originel du groupe et la condition nécessaire à l’élaboration de sa musique. Ainsi, QOTSA n’est rien d’autre que le bruit d’un seul homme qui dompte la nature. Avec pour seuls outils une pédale Fuzz et des bières mexicaines.