Quatrième album qui s'est un tant soit peu fait attendre après un premier essai éponyme en 1998, Rated R en 2000 et Songs For The Deaf en 2002, ce nouveau Lullabies To Paralyse est surtout le premier sans le bassiste Nick Oliveri, compagnon "historique" du guitariste-chanteur Josh Homme depuis leur première aventure commune avec le groupe Kyuss. Et si certains des morceaux ici présents ont déjà été offerts en exclusivité pour les oreilles les plus averties sous la forme des fameuses Desert Sessions, Queens Of The Stone Age ressemble désormais à un trio emmené par l'incontournable Josh, mais complété par Troy Van Leeuwen à la basse et Joey Castillo à la batterie. Plus de Dave Grohl derrière les fûts, Mark Lanegan l'ex-Screaming Trees invité régulièrement par son copain Josh se contente d'ouvrir le bal en douceur sur Lullaby (et s'y prend pour Tom Waits) avant de contribuer aux seuls Burn The Witch et "...You Got A Killer Scene There, Man". Lesquels se distinguent également par les présences respectives de Billy Gibbons (ZZ Top !) à la guitare et de Shirley Manson aux choeurs , et de Brody Dalle, hurleuse dans The Distillers autant que très bonne amie du gars Josh. Mais toutes ces chansons sont traitées sans discrimination aucune (le son, tout en montagnes russes, est monstrueux !) par les dénommés Joe Barresi et Alain Johannes. Ces deux-là mettent d'ailleurs la main à la pâte en jouant guitare, basse ou tout autre instrument (sur le single Little Sister et son probable successeur, l'impressionnant In My Head). En moins d'une heure, notre Homme, qui a aussi de l'humour ("I Got My Flesh Full Of Blood/I Hate Rock'N'Roll" dans You Got A Killer...) met KO toute la jeune classe de groupes à guitares, et nous avec, par la même occasion. Le contrat est bel et bien rempli, avec en particulier une seconde moitié de parcours des plus réussies, depuis le tout en retenue I Never Came jusqu'au final en fanfare (au sens propre !) en conclusion de Long Slow Goodbye. De quoi prouver, en ces temps d'égalité entre les sexes, que le rock reste une affaire d'Homme. Et pardon si quelqu'un d'autre l'a déjà faite.