Drôle de destinée que celle de Pulp. Laissés pour compte pendant plus de dix années, Jarvis Cocker et ses acolytes sont presque éberlués de signer, en fin d’année 1992, sur Island, après avoir erré de labels miniatures en micro-structures. La raison principale ? La presse anglaise se cherche des nouveaux héros pour lutter contre l’invasion américaine, et le groupe de Sheffield a eu la bonne idée de signer, sur l’indépendant Gift, une merveille pop addictive et vicieuse nommée Babies. Qu’importe son âge, Pulp est appelé sur le front, au même titre que les débutants Suede ou The Auteurs, pour défendre l’honneur de la Nation. Ce que le quintette fera avec un panache qui ne l’a jamais quitté, même s’il se montre emprunté (la pression de la major ?) sur Lipgloss ou même le rigolo Do You Remember The Last Time?, qui ont gagné en biceps mais ont perdu la candeur d’une chanson comme Razzmatazz.
Ironie du sort, ces étonnants vétérans vont s’ouvrir les portes d’un succès démesuré avec l’un de leurs titres – musicalement parlant – les plus anodins. Common People propulse Pulp sur le devant de la scène. Pour le meilleur, mais aussi pour le pire : son leader charismatique s’accommode mal de son nouveau statut de pop star et perd la raison, en particulier un fameux soir de décembre 1995, à Paris, sur la scène du Bataclan, lors d’un incident qui débouchera sur le départ de l’irremplaçable Russel Senior. Hits confirme l’aversion de Cocker pour Miss-Shapes (son plus gros tube britannique, écarté de la sélection), la splendeur de Disco 2000 et surtout la réaction épidermique d’un groupe qui voulait retrouver sa tranquillité, en sortant le fantastique et suicidaire (au niveau commercial) This Is Hardcore, qui va remplir à merveille sa mission. Juste accompagnée d’un maigre inédit, complétée par les derniers singles, cette compilation vient sceller dix ans de vie de commune entre Island et Pulp, dont l’avenir semble aujourd’hui plus qu’incertain. Et son caractère somme toute anecdotique pour tous ceux qui maîtrisent le sujet pourrait se transformer en événement historique, si par malheur elle devenait l’épitaphe de cette formation pas comme les autres.
Christophe Basterra
Ironie du sort, ces étonnants vétérans vont s’ouvrir les portes d’un succès démesuré avec l’un de leurs titres – musicalement parlant – les plus anodins. Common People propulse Pulp sur le devant de la scène. Pour le meilleur, mais aussi pour le pire : son leader charismatique s’accommode mal de son nouveau statut de pop star et perd la raison, en particulier un fameux soir de décembre 1995, à Paris, sur la scène du Bataclan, lors d’un incident qui débouchera sur le départ de l’irremplaçable Russel Senior. Hits confirme l’aversion de Cocker pour Miss-Shapes (son plus gros tube britannique, écarté de la sélection), la splendeur de Disco 2000 et surtout la réaction épidermique d’un groupe qui voulait retrouver sa tranquillité, en sortant le fantastique et suicidaire (au niveau commercial) This Is Hardcore, qui va remplir à merveille sa mission. Juste accompagnée d’un maigre inédit, complétée par les derniers singles, cette compilation vient sceller dix ans de vie de commune entre Island et Pulp, dont l’avenir semble aujourd’hui plus qu’incertain. Et son caractère somme toute anecdotique pour tous ceux qui maîtrisent le sujet pourrait se transformer en événement historique, si par malheur elle devenait l’épitaphe de cette formation pas comme les autres.
Christophe Basterra