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Aux côtés des premiers albums de Whirlwind Heat, Test Icicles, Ikara Colt, Mclusky ou de Jetscreamer, celui de Pterodactyl augmenta, en 2007, la liste de ces essais inauguraux qui tabassent sec et sans discernement, qui fracassent l’esgourde et fatiguent illico les plus rationnels pendant que les plus rustres font des roulades sur le plancher. Pour satisfaire nos envies terre à terre, le quatuor américain n’avait qu’à réenclencher sa machinerie névrotique sur Worldwild, sauf que dès les premières secondes de deuxième essai, on se dit que Pterodactyl a (un peu) changé. Point de rythmique d’enclumes, oubliés les riffs envahis par la rouille, finie la furie d’exécution : armé de guitares qui lancinent et avant tout porté par des vocalises solaires, Rising & Shining s’avance avec précaution tel le dernier combattant sur un champ de bataille dévasté, comme s’il fallait enfin reprendre son souffle après le carton originel.

La répétitivité et les larsens acidifiés sont toujours de mise, mais ils servent plus de soupapes à l’hypnotisme que de bélier au défonçage des sens. Une nouvelle lubie incantatoire qui parcourt à quelques reprises le disque, de la fureur réprimée des “dronatiques” February ou Lawrence, à cet Alex peuplé de chants qui psalmodient autour d’un tambourin, en passant par Easy Pieces, que l’on verrait presque illustrer un cours de sophrologie. Heureusement, Pterodactyl prouve qu’il a encore la main chaude le temps de First Daze, Share The Shade et No Sugar. Le premier vous brûle le front par ses bourrasques guitaristiques, et les deux autres pétaradent à toute berzingue tel du punk rock hurlé à la lune.

Et puis, comme à la glorieuse époque où les immenses apogées bruitistes Chx Bx et Esses clôturaient son premier effort, le groupe de Brooklyn réserve le meilleur pour la fin. December, par son parfait équilibre entre déviances incandescentes et éclaircies pop (si, si), doublé du terminal et radical One With Everyone permettent à Joe, Matt, Zach et Jesse de rafler la mise in extremis. Se rapprochant un peu plus de son parrain et alter ego Oneida, Pterodactyl a une nouvelle corde à son arc qu’il maîtrise encore difficilement, mais peu importe, tant que le désir de détruire la cible reste toujours aussi effrayant.
Jean-François Le Puil
MAGIC RPM  #132


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