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Le syndrome Via Romance ? A l'instar du groupe nîmois, Joris Clerté alias Prudence se fit remarquer par une formidable autoproduction (le single La Bonne Humeur, "à mi-chemin entre la pop ambitieuse de Divine Comedy et la qualité française d'un Polnareff du meilleur crû", écrivait ce journal en janvier 96) qui lui valut un concert de louanges critiques et (conséquemment ?) une signature sur une major. Résultat ? Un premier album inégal, d'où il ressort une certaine solennité qui sied mal au caractère primesautier du bonhomme. Ainsi, cette préciosité ridicule ("Une idée derrière la tête/qui sent un peu le renfermée") qui affecte Joris Clerté pendant toute la seconde partie de son disque. Comme si un Louis Philippe ne suffisait déjà pas. Au bénéfice du doute ("Il faut te remuer avec prudence/tu es un objet si fragile"), on gardera seulement en mémoire cinq chansons. Les cinq premières. Graciles et enjouées (L'Esprit Joyeux Du Travail), elles attestent du répertoire (chanter la bonne humeur, donc) à l'intérieur duquel la voix et la plume de Prudence font merveille et devront se limiter pour nous enchanter totalement la prochaine fois. En attendant, on sifflera tout l'été sur l'air guilleret du tubesque Par Ma Bouche : "Ce que je craignais/c'est n'avoir plus le goût à rien/ si tout passe par ma bouche/que ferais-je donc de mes mains?" Réponse : nous serrer la main pour se réconcilier.
Franck Vergeade
MAGIC RPM  #21
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