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All We Could Do Was Sing de Port O'Brien

chronique d'album
Le titre du premier véritable album de ces Californiens nous avertit d’emblée. Qu’on les aime ou non, chanter est une question de vie ou de mort, un ultime moyen de sublimer son ennui de fin d’adolescence. Comme une excuse sans appel. C’est donc dans la joie et la bonne humeur qu’on démarre la journée avec Port O’Brien sur I Woke Up Today, un titre à réveiller les morts : le couple Van Pierszalowski et Cambria Goodwin démarre en trombe sur un versant pop ensoleillé, puis tout le monde reprend en chœur une mélodie du bonheur. Bref, on profite de la vie qui ne nous fait pas peur. Ce geste spontané, c’est la marque de fabrique d’un certain état d’esprit du genre indie : on enregistre en duo avec une guitare sèche et une mandoline ou on déconne en bande organisée, en revendiquant la lo fi comme un artisanat de proximité. Port O’Brien s’engage où bon lui semble et emprunte plusieurs routes américaines selon l’envie du moment, en composant quelques ballades country folk dans le plus simple appareil (Fisherman’s Son, Will You Be There), avant de remettre le moteur en marche pour que la machine reparte de plus belle (The Rooftop Song, Close The Lid). All We Could Do Was Sing avance au culot comme ses aînés de Broken Social Scene ou Modest Mouse, avec une grande gueule et une belle humilité, ce qui différencie Port O’Brien de toute une horde de chevelus premiers de la classe, adeptes du baroque éthéré et mal articulé, qui accaparent injustement l’attention de ces tout derniers mois.
Thomas Bartel
MAGIC RPM  #122


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