Biographie
Voilà un groupe français qui tombe bien dans le paysage hexagonal , divisé entre les génies incompris et les vilains besogneux. Ce quintette parisien, fondé par quatre musiciens de jazz expérimental (dont Laurent Bardainne, le compositeur en chef) avant leur rencontre avec Nicolas Ker (chanteur fasciné par Frank Sinatra qui sortait d’un “rêve éveillé”), clame haut et fort son ambition (un mot qui rime avec ascension, confusion et division) et abhorre le post-modernisme ambiant. Décrit à ses débuts comme “une sorte de Roxy Music du troisième millénaire” ou, selon vos appétences, comme “un Sonic Youth à la découverte de l’ecstasy”, Poni Hoax abat les frontières musicales avec une énergie folle, un plaisir contagieux et un sens inné du songwriting (I Shall Take It Anyway en modèle du genre). Sur son premier Lp (2006) produit par Joakim, le maître de l’excellente maison Tigersushi, la formation se joue des codes (vestimentaires) et des références (musicales), ne s’interdisant ni les refrains pop (She’s On The Radio, en droite lignée de Taxi Girl), ni les gimmicks electro (Budapest, interprétée par une voix féminine qu’on croirait échappée de Death In Vegas). S’avouant volontiers “ambitieux, mais pas prétentieux”, les cinq compères, qui multiplient les projets parallèles, ont réussi la passe de deux avec Images Of Sigrid (2008), disque futé et absolument contagieux.