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Xs On Your Eyes de Plus/Minus

chronique d'album
Le temps semble soudain s’accélérer pour les anciens membres de Versus et Tuscadero, autrefois hébergés par l’illustre label Teenbeat. Quelques semaines à peine après la tardive sortie européenne d’un disque datant de 2003 (You Are Here), ces vétérans de la scène indie rock américaine publient enfin le grand album qu’on ne les croyait franchement pas capables d’enregistrer. Formation jusque-là estimable mais limitée, +/- se révèle, tardivement, comme un groupe de tout premier plan, capable de rivaliser avec les plus doués de ses confrères, The Sea And Cake et Death Cab For Cutie en tête.

Autrefois confinées dans des atmosphères minimales et austères, les chansons à géométrie variable respirent enfin en liberté, affichent leurs plus beaux atours (les cuivres à la Love sont même, parfois, au rendez-vous) et osent jouer à fond le jeu de la séduction et de l’évidence. Comme des effeuilleuses de grande classe, elles alternent entre dévoilement et dissimulation, laissant entrevoir une ligne mélodique d’une pureté magistrale pour mieux la recouvrir, quelques instants plus tard, d’une nappe d’électricité ébouriffante.

Longtemps nourris, au cours des années 1980, d’influences new-wave britanniques, James Baluyut, Chris Deaner et Patrick Ramos les a depuis longtemps digérées pour mieux les assimiler aujourd’hui à un univers tout personnel. Snowblind renoue ainsi avec la frénésie hypnotique du Sensitive de The Field Mice ; plus loin, The Queen Of Nothing résonne un peu comme une Ceremony d’hommage à New Order avant que Xs On Your Eyes conclut l’affaire en beauté, toutes guitares dehors. Une réussite aussi complète qu’inattendue.
Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #125


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