Les enfants de Black Dog se portent bien. Ken Downie, seul dépositaire du mythique pseudo, après un premier album quelque peudécevant, retrouve l'inspiration des débuts sur les remixes du thème de Bullit du grand Lalo Schiffrin. Ed Handley et Andy Turner,ses anciens complices, ont réactivé Plaid, après des années de mise en sommeil. Délaissant les théories millénaristes un peufumeuses du sieur Downie, les deux compères nous délivrent un deuxième album, après le très rare Mbuvi Mbuvi, qui fera date.Alors que la scène techno britannique se mord la queue, nos deux compères y injectent du sang neuf, non sans un certain sens del'humour, comme sur Myopia et ses accents caraïbes. Mais la force principale de ce Not For The Threes réside dans son éclectisme et, paradoxalement, dans un certain sens de l'unité. Eclectisme, tout d'abord, parce que les compositions papillonnent d'unstyle à l'autre sans que ce choix paraisse contraint ou forcé, que ce soit sur O) et sa techno répétitive et minimale, sur le très classique Milk ou encore sur les déhanchements electro de Seph. Ed et Andy s'attribuent ces styles qui leurs sont familiers depuisl'adolescence mais surtout y ajoutent une touche unique. Car plus que d'excellents producteurs, ce que personne ne conteste, Plaids'apparente plus à une paire d'implacables songwriters. Et ce ne sont pas les apparitions de Björk, sur Lilith, ou de Nicolette, surExtork, qui démentiront ces faits.