Biographie
Fondé par l'Américano-britannique francophone Brian Molko (chant, guitare) et le Suédois Stefan Olfsdal basse), Placebo fait irruption sur la scène internationale en 1996, avec un premier album éponyme et quelques singles (Nancy Boy, Teenage Angst) qui reprenaient la rage adolescente là où Kurt Cobain l'avait laissé deux ans plutôt. À l'influence bruitiste de Sonic Youth, le trio acoquinait une image post-glam androgyne, son leader nasillard Brian Molko apparaissant souvent travesti en femme – évoquant fatalement David Bowie, qui ne se fit pas prier pour duettiser avec son fan. Vieille connaissance, mais pas encore membre à part entière, le batteur Steven Hewitt rejoint le groupe pour l'album Without You I'm Nothing (1998). Ce deuxième essai, porté par le tube Pure Morning, laissait (encore) présager un avenir prometteur pour la formation. Hélas, Black Market Music (2000) voit pointer quelques samples, mais pas le moindre échantillon de surprise. Cet accueil critique mitigé réservé à ce troisième album ne perturbe en rien la trajectoire de Placebo qui, au lieu de conclure sur cette agréable trilogie, signe deux autres albums, Sleeping With Ghosts (2003) et Meds (2006) et persiste dans une voie pavée de chanson indie rock FM à la (super) production calibrée pour les stades… Français. Car c'est au pays de Nicolas Sirkis que le groupe remporte le plus franc succès, dû entre autres au parfait bilinguisme de Molko et à ses amitiés médiatiques (en 2003, l'écrivain Virginie Despentes traduit Protect Me From What I Want, devenu Protège-Moi, clippé par le cinéaste Gaspar Noé) et à une image gentiment trash. En 2007, le trio publie Covers, album digital exclusivement disponible via Internet qui regroupe des reprises présentes sur diverses faces B (Pixies, The Smiths, Depeche Mode, T.Rex…) ou enregistrées spécialement pour l'occasion (Serge Gainsbourg, Kate Bush..). Aux dernières nouvelles, Molko a porté plainte contre un tabloïd qui avait publié des clichés le présentant en gentil père de famille visitant un zoo, pour “atteinte a son image de marginal”.