Black Dog ou Aphex Twin auront donc fertilisé un terrain bien vaste. Après les exploits de Boards Of Canada, c'est au tour de Pilote, après seulement quelques singles, d'explorer ces méandres mélancoliques et malicieux avec son premier album, Antenna. S'il partage avec les pré-cités l'amour des constructions mélodiques autour de motifs psychédéliques, acides et délicats, les références de Stuart Cullen en matière de rythmes sont plus urbaines : trip/hip hop pour les plus syncopés, jusqu'à la musique contemporaine américaine de John Cage à Dj Spooky en passant par Philip Glass pour les autres. Un tel programme n'est pas si facile à assimiler, cependant le Pilote prend grand soin de ses passagers, il les conduit à bon port avec le plus d'égards possibles sans jamais les brusquer, même s'il manque d'en perdre quelques-uns en route (Short semble avorté et bien trop... court). Accélération, décélération, même les chemins les plus difficiles, ceux de Taken et de ces rythmes drum'n'bass tellement empruntés ces temps-ci qu'ils en deviennent difficilement praticables, n'altèrent pas la conduite de Stuart Cullen. Le parcours n'est certes pas évident, mais le Pilote l'effectue de main de maître.