Phosphorescent
ne compte qu’une seule âme vive, celle de l'Américain Matthew Houck. Mais cette
seule âme en vaut bien mille autres, tant la ferveur irrigue ce troisième
album. Soient huit chansons psalmodiées, dépouillées d’ornement instrumental
superflu et étoffées par des textes à la grandeur littéraire remarquable,
tantôt cinglants comme la gifle, tantôt doux comme le baiser, toujours aussi
intimes que l’étreinte.
Pride est une longue prière qui apaiserait la plus torturée des ouailles. Jamais épuisant car toujours fouettée par un vent mélodique intense, ce gospel folk se joue comme une procession tragique qui vous taillade les sens avec lenteur et dévotion. Guitares de velours, batterie en levantine, harmonica intermittent, arrangements inconscients, et surtout cette voix-reine, parfois secondée par des compagnons d'affection, qui est apte à saluer les anges autant qu'à dépecer l'écorce. Comme si Will Oldham (le mimétisme vocal est souvent confondant) s'était joint à Animal Collective pour bouleverser l’enregistrement de Campfire Songs (2003).
Comme le reflet inversé du Come On Feel The Illinoise (2005) de Sufjan Stevens, son pendant squelettique, lorsque l’ascétisme succède à l’opulence et que, las, se replier sur soi apparaît comme la plus belle récompense. En poussant le bouchon un peu loin, Pride pourrait figurer parmi les grands classiques d’acoustique écorchée, tout près de I See A Darkness (1999) de Bonnie ‘Prince’ Billy, de The 5000 Spirits Or The Layers Of The Onion (1967) de The Incredible String Band, et des épisodes les plus éthérés délivrés par Fairport Convention, Bert Jansch ou David Pajo. On a beau recompter, une seule âme officie aux destinées de Phosphorescent. Mais plus on l’écoute s’épancher ici, plus elle paraît inestimable.
Pride est une longue prière qui apaiserait la plus torturée des ouailles. Jamais épuisant car toujours fouettée par un vent mélodique intense, ce gospel folk se joue comme une procession tragique qui vous taillade les sens avec lenteur et dévotion. Guitares de velours, batterie en levantine, harmonica intermittent, arrangements inconscients, et surtout cette voix-reine, parfois secondée par des compagnons d'affection, qui est apte à saluer les anges autant qu'à dépecer l'écorce. Comme si Will Oldham (le mimétisme vocal est souvent confondant) s'était joint à Animal Collective pour bouleverser l’enregistrement de Campfire Songs (2003).
Comme le reflet inversé du Come On Feel The Illinoise (2005) de Sufjan Stevens, son pendant squelettique, lorsque l’ascétisme succède à l’opulence et que, las, se replier sur soi apparaît comme la plus belle récompense. En poussant le bouchon un peu loin, Pride pourrait figurer parmi les grands classiques d’acoustique écorchée, tout près de I See A Darkness (1999) de Bonnie ‘Prince’ Billy, de The 5000 Spirits Or The Layers Of The Onion (1967) de The Incredible String Band, et des épisodes les plus éthérés délivrés par Fairport Convention, Bert Jansch ou David Pajo. On a beau recompter, une seule âme officie aux destinées de Phosphorescent. Mais plus on l’écoute s’épancher ici, plus elle paraît inestimable.