Phoenix par-ci, Phoenix par-là... Même l'exquise Caroline Polachek (eh ouais, la chanteuse de Chairlift) m'en parlait hier en reluquant le hors-série Magic consacré au quatuor français : depuis six mois et cette annonce, que ce soit dans les colonnes françaises ou à l'étranger, Phoenix n'a jamais bénéficié d'un tel barouf médiatique. Essentiellement la faute à un nouvel album presque parfait (disque du mois de juin pour magic d'ailleurs), mais aussi la résultante d'une toile interactive tissée à l'image du groupe : habile, spontanée, et d'une coolitude absolue. Rien de mieux qu'une volée de questions adressées à Pascal Teixeira, le DA des Versaillais, pour nous éclairer sur cette parfaite "non-stratégie" de communication 2.0.
Magicrpm.com : Depuis quand êtes-vous inscrit sur ce fameux site que tout le monde appelle Myspace.
Pascal Teixeira : La page a été lancée en 2005 au moment de la sortie de Live! Thirty Days Ago, et visuellement c'est resté une sorte de désordre que l'on hésite toujours à ranger. Paradoxalement, le layout déglingué est un des attraits de Myspace, les pages tres léchées perdant tout de suite en crédibilité. Pour la gestion, le premier connecté lit les messages et les commentaires, transmet aux autres si besoin. Réponses directes ou commentaires assez rares par manque de temps, mais ça peut arriver.
Les membres de Phoenix sont-ils au fait des nouvelles technologies ou n’y entravent-ils que pouic ?
Tout le monde dans le groupe a au moins un iPhone et un laptop, un accès mails quasiment permanent durant la journée, idem pour le video chat, etc. Le groupe est donc très impliqué dans tout ce qui est fait au niveau web et technique, ils savent ce dont ils ont envie car ils en sont eux-mêmes les premiers utilisateurs.
Comment le nouveau site wearephoenix.com s’est-il construit ? Y’avait-il une stratégie clairement établie au départ ?
Tout ce qui a été mis en ligne jusqu'à maintenant depuis l'entrée en studio - essentiellement de petites expériences - a été fait de façon très freestyle, tout se décidant quelques heures avant d'être sur wearephoenix.com. C'est plus ludique que stratégique. Le site évolue encore, et en définitive, il devrait être plus axé fonctionnalité et contenu, mais avec toujours un espace pour essayer des choses.
Pourquoi se prêter au jeu très couru du concours de remixes, et pourquoi donner précisément 1901 en pâture ?
À la fin du mix et du mastering, 1901 était le morceau qui ressortait et qui traduisait le mieux la couleur de l'album. L'enregistrement avait pris tellement plus de temps que prévu que l’on a voulu récompenser ceux qui l'avaient attendu en donnant gratuitement un avant-goût. On savait qu'avec 1901, tout le monde allait immédiatement comprendre l'esprit de l'album et ce à quoi Phoenix avait passé ces deux dernières années.
Le feedback a été dingue : morceau le plus telechargé/bloggé au monde en février. Après deux ans en studio sans avis extérieur, ça fait un bien fou. C'est pour ça qu'on a donné les composantes du morceau pour remix en "remerciement". C'est comme dans une relation, plus tu reçois et plus tu donnes, plus tu vas chercher à surprendre l'autre.
Là encore, des centaines de remixes ont fait surface. Ça ne peut que nous inciter à continuer.
Surtout, ce qui était important pour nous, c'était de ne pas faire de concours, de ne pas chercher à créer artificiellement du buzz avec une opération dont la finalité n'intéresse jamais personne, et qui crée essentiellement de la frustration pour ceux qui y participent.
Mais on reçoit quotidiennement des offres de remixes. L'idée, c'était de fournir ces outils à ceux qui les réclamaient, et leur donner l'occasion de faire leur propre version dans de bonnes conditions. Officiel ou pas, si le remix est bon, tout le monde y gagne.
Qui s’occupe du Phoenix Diary ? S’adresse-t-il plus au public étranger qu’à la France ?
Le groupe poste directement et suit les commentaires. Les posts - comme la plus part de nos annonces - sont en anglais par soucis d'efficacité, mais ne s'adressent pas plus à certains fans qu'à d'autres. 90% des lecteurs du blog et des visiteurs des pages du groupe ne sont pas français, on fait confiance aux qualités linguistiques des 10% de compatriotes !
As-tu des modèles en terme d’interactivité entre groupe et public ?
Trent Reznor (Nine Inch Nails) est évidemment la référence impossible à rater ces dernières années, même chose à mon avis pour Pedro Winter qui a su tisser une toile entre tous les artistes Edbangers pour un effet familial maximal. Mais on ne cherche pas à reproduire ce qu'ils ont fait ou à appliquer des méthodes, on a surtout pris beaucoup de contre-références, on vu comment d'autres groupes faisaient mal (à notre goût) ce qu'on avait en tête et on a cherché à simplifier au maximum en supprimant autant que possible l'aspect marketing, en ramenant ça à un niveau d'échange personnel. Donner des morceaux sans formulaire à remplir, permettre les remixes sauvages sans que les fans n'aient à acheter les pistes, etc. Beaucoup de choses a venir prochainement à ce niveau là.
Parle-moi de cette fameuse rubrique Banque de France que l’on trouve sur le site.
La Banque de France, c'était l'accès personnel du groupe pendant la réalisation de l'album. On y mettait en écoute les premiers morceaux finis pour les amis proches en donnant à chacun son mot de passe perso, des échanges de fichiers sensibles, ce genre de choses. Il y avait toujours un vrai plaisir à s'y connecter et à récupérer la nouvelle version de tel ou tel morceau.
Maintenant que l'album sort, de nouveaux mots de passe ont été activés afin de donner accès à des inédits, des démos, des goodies, pas mal de surprises... Le premier mot de passe caché dans les tags du mp3 de 1901 est CONCORDE. Il mène aux démos de l'enregistrement de Wolfgang Amadeus Phoenix. Les autres sont à découvrir.
Quels sont vos rapports avec les fans du forum ? Est-ce que le groupe se prête au jeu des questions d’initiés où il convient de tout dévoiler dans les moindres détails ?
On a la chance d'avoir un noyau dur de fans très perspicaces. Ça nous évite souvent de répondre nous-mêmes aux questions. Ils sont souvent justes, parfois approximatifs, mais ce flou dans les vérités a aussi son charme.
Et à part ça, qu’est-ce que tu racontes ?
On est qu'au tout début de nos projets web, le gros de l'iceberg n'est pas encore en place !
Magicrpm.com : Depuis quand êtes-vous inscrit sur ce fameux site que tout le monde appelle Myspace.
Pascal Teixeira : La page a été lancée en 2005 au moment de la sortie de Live! Thirty Days Ago, et visuellement c'est resté une sorte de désordre que l'on hésite toujours à ranger. Paradoxalement, le layout déglingué est un des attraits de Myspace, les pages tres léchées perdant tout de suite en crédibilité. Pour la gestion, le premier connecté lit les messages et les commentaires, transmet aux autres si besoin. Réponses directes ou commentaires assez rares par manque de temps, mais ça peut arriver.
Les membres de Phoenix sont-ils au fait des nouvelles technologies ou n’y entravent-ils que pouic ?
Tout le monde dans le groupe a au moins un iPhone et un laptop, un accès mails quasiment permanent durant la journée, idem pour le video chat, etc. Le groupe est donc très impliqué dans tout ce qui est fait au niveau web et technique, ils savent ce dont ils ont envie car ils en sont eux-mêmes les premiers utilisateurs.
Comment le nouveau site wearephoenix.com s’est-il construit ? Y’avait-il une stratégie clairement établie au départ ?
Tout ce qui a été mis en ligne jusqu'à maintenant depuis l'entrée en studio - essentiellement de petites expériences - a été fait de façon très freestyle, tout se décidant quelques heures avant d'être sur wearephoenix.com. C'est plus ludique que stratégique. Le site évolue encore, et en définitive, il devrait être plus axé fonctionnalité et contenu, mais avec toujours un espace pour essayer des choses.
Pourquoi se prêter au jeu très couru du concours de remixes, et pourquoi donner précisément 1901 en pâture ?
À la fin du mix et du mastering, 1901 était le morceau qui ressortait et qui traduisait le mieux la couleur de l'album. L'enregistrement avait pris tellement plus de temps que prévu que l’on a voulu récompenser ceux qui l'avaient attendu en donnant gratuitement un avant-goût. On savait qu'avec 1901, tout le monde allait immédiatement comprendre l'esprit de l'album et ce à quoi Phoenix avait passé ces deux dernières années.
Le feedback a été dingue : morceau le plus telechargé/bloggé au monde en février. Après deux ans en studio sans avis extérieur, ça fait un bien fou. C'est pour ça qu'on a donné les composantes du morceau pour remix en "remerciement". C'est comme dans une relation, plus tu reçois et plus tu donnes, plus tu vas chercher à surprendre l'autre.
Là encore, des centaines de remixes ont fait surface. Ça ne peut que nous inciter à continuer.
Surtout, ce qui était important pour nous, c'était de ne pas faire de concours, de ne pas chercher à créer artificiellement du buzz avec une opération dont la finalité n'intéresse jamais personne, et qui crée essentiellement de la frustration pour ceux qui y participent.
Mais on reçoit quotidiennement des offres de remixes. L'idée, c'était de fournir ces outils à ceux qui les réclamaient, et leur donner l'occasion de faire leur propre version dans de bonnes conditions. Officiel ou pas, si le remix est bon, tout le monde y gagne.
Qui s’occupe du Phoenix Diary ? S’adresse-t-il plus au public étranger qu’à la France ?
Le groupe poste directement et suit les commentaires. Les posts - comme la plus part de nos annonces - sont en anglais par soucis d'efficacité, mais ne s'adressent pas plus à certains fans qu'à d'autres. 90% des lecteurs du blog et des visiteurs des pages du groupe ne sont pas français, on fait confiance aux qualités linguistiques des 10% de compatriotes !
As-tu des modèles en terme d’interactivité entre groupe et public ?
Trent Reznor (Nine Inch Nails) est évidemment la référence impossible à rater ces dernières années, même chose à mon avis pour Pedro Winter qui a su tisser une toile entre tous les artistes Edbangers pour un effet familial maximal. Mais on ne cherche pas à reproduire ce qu'ils ont fait ou à appliquer des méthodes, on a surtout pris beaucoup de contre-références, on vu comment d'autres groupes faisaient mal (à notre goût) ce qu'on avait en tête et on a cherché à simplifier au maximum en supprimant autant que possible l'aspect marketing, en ramenant ça à un niveau d'échange personnel. Donner des morceaux sans formulaire à remplir, permettre les remixes sauvages sans que les fans n'aient à acheter les pistes, etc. Beaucoup de choses a venir prochainement à ce niveau là.
Parle-moi de cette fameuse rubrique Banque de France que l’on trouve sur le site.
La Banque de France, c'était l'accès personnel du groupe pendant la réalisation de l'album. On y mettait en écoute les premiers morceaux finis pour les amis proches en donnant à chacun son mot de passe perso, des échanges de fichiers sensibles, ce genre de choses. Il y avait toujours un vrai plaisir à s'y connecter et à récupérer la nouvelle version de tel ou tel morceau.
Maintenant que l'album sort, de nouveaux mots de passe ont été activés afin de donner accès à des inédits, des démos, des goodies, pas mal de surprises... Le premier mot de passe caché dans les tags du mp3 de 1901 est CONCORDE. Il mène aux démos de l'enregistrement de Wolfgang Amadeus Phoenix. Les autres sont à découvrir.
Quels sont vos rapports avec les fans du forum ? Est-ce que le groupe se prête au jeu des questions d’initiés où il convient de tout dévoiler dans les moindres détails ?
On a la chance d'avoir un noyau dur de fans très perspicaces. Ça nous évite souvent de répondre nous-mêmes aux questions. Ils sont souvent justes, parfois approximatifs, mais ce flou dans les vérités a aussi son charme.
Et à part ça, qu’est-ce que tu racontes ?
On est qu'au tout début de nos projets web, le gros de l'iceberg n'est pas encore en place !