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Borne d'écoute - Nicolas Godin évoque Wolfgang Amadeus Phoenix de Phoenix

interviews
Avant sa sortie le 25 mai, Nicolas Godin de Air porte un avis éclairé sur Wolgang Amadeus Phoenix, le quatrième album des Français.

01 - Lisztomania
Je viens de les voir jouer cette chanson à l’émission Saturday Night Live (ndlr. diffusée le 4 avril, sur la chaîne américaine NBC). La dernière fois que je les ai quittés, ils hésitaient encore sur le choix du single. Apparemment, les Américains sont d’accords avec eux. Je me demandais bien comment ils allaient pouvoir jouer le break en live, mais ils ont compris que la part du rêve de faire de la musique passe aussi par le design des pieds de synthés utilisés sur scène. Concernant Franz Liszt, je vous recommande la sonate en si mineur jouée par Richter.

02 - 1901
Le style de Phoenix, reconnaissable dès la première écoute. Ils ont vraiment créé un son identifiable entre mille. D‘ailleurs, j’entends régulièrement chaque année des petits bébés Phoenix qui reproduisent cette pop sucrée. Le sonar me va droit au cœur.

03 - Fences
J’adore ! Le côté synthétique papier glacé ne fait aucune ombre à leur origine de groupe à guitares vintage. Phoenix n’a jamais eu aucun problème à faire cohabiter l’amour de la country et la fraîcheur de la pop eighties.

04 - Love Like A Sunset Pt.1
À chaque nouvel album de Phoenix ou de Air, on se fait une écoute commune, où que nous nous trouvions. Ce morceau est l’un de ceux qui nous a le plus surpris. J‘ai toujours adoré leur façon de faire durer des instrumentaux qui me transportent dans un film de Michael Mann (comme North sur leur précédent Lp). C‘est un de nos péchés mignons de tripper sur ce genre d’ambiance et je ne sais absolument pas d’où nous vient cette fascination commune pour Tangerine Dream.

05 - Love Like A Sunset Pt.2
On se demande combien de temps le concept de tracklisting va pouvoir survivre à la génération iPod. En attendant, on continue à y croire, et on travaille toujours l’enchaînement des morceaux à l’ancienne, comme c’est le cas ici entre les deux parties de Love Like A Sunset. On entend ici une nette influence de Pete Townshend. C‘est un truc nouveau chez Phoenix auquel je ne m’attendais pas. Lorsque surgissent les guitares à la Pat Garrett, la surprise est divine.

06 - Lasso
La trouvaille de Phoenix fut d’avoir déniché un batteur qui possède ce style si unique qu’il nous semble avoir été créé, tel Frankenstein, spécialement par eux. Avec les pieds de synthés, c’est aussi primordial d’avoir un batteur classe lorsqu’on veut faire un groupe cool. La vulgarité est toujours révélée par la batterie. Là encore, cette aisance à faire cohabiter tout et son contraire est, selon moi, la marque des grands artistes. Écoutez bien la batterie, elle est fascinante car elle associe leur amour des boîtes à rythmes et de la modernité, tout en payant son dû à la grande tradition et au savoir-faire des musiciens qui ont une âme.

07 - Rome
Rome a toujours été une ville qu’ils adorent. Je suis content qu’ils en aient fait enfin une chanson. Cela me fait également penser à Étienne Daho, qui m’avait avoué, un jour, en riant qu’il n’y avait jamais mis les pieds,
renforçant ainsi ma foi dans le concept d’escapism (autrement dit, fantasmer un endroit très fort afin de s’y croire). Je ne manquerai pas de tester cette chanson dans mon iPod la prochaine fois que j’y passe.

08 - Countdown
C‘est fou : la fin plus calme du titre en révèle la composition et la fragilité touchante. Du coup, on aurait aimé cette promiscuité dès le début. Mon goût personnel me pousse à chérir ce genre de moments plus que tout.

09 - Girlfriend
Il y a deux grands sujets de conversations chez les musiciens : le matos et les girlfriends. Le premier nous aide à retranscrire le plus fidèlement possible ce que nous inspirent les secondes. Mon conseil : sortir avec une musicienne pour enfin cesser d’être un incompris.

10 - Armistice
Je suis raide dingue du break baroque au clavecin, sans parler de la fin John Carpenter totalement The Fog (1980), un de mes films préférés de tout les temps.

VERDICT
La tournée qui s’annonce pourra mener à son paroxysme l’énergie qui se dégage de ce disque. Sur leur site Web, les Phoenix conseillent de mettre les enceintes à fond. C‘est ce qu’il vous reste à faire en attendant qu’ils passent près de chez vous, vous ne le regretterez pas, croyez-moi… Voilà pour la fraîcheur. Quant aux nerds, ils peuvent se faire une écoute au casque pour une autre sorte de voyage, ça marche aussi. Personnellement, je signe pour les trois. Three is the magic number!
Nicolas Godin
MAGIC RPM  #131


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