Trois ans après la sortie de Going Where The Tea
Trees Are (2006), pouvait-on sérieusement entretenir des interrogations
légitimes sur les capacités de Peter Von Poehl à renouveler son
inspiration ? Le suspense, si tant est qu’il existe, ne dure pas plus de
quelques secondes, le temps pour le single Parliament d’imposer sa
mélancolie chaloupée et ses accents très Motown, comme pour mieux réaffirmer
d’emblée cette indiscutable évidence : l’ancien homme de l’ombre des
studios Tricatel possède les ressources nécessaires pour s’imposer, dans la
durée, comme une source d’émerveillement intarissable.
Enregistré dans l’atmosphère propice au recueillement de la campagne suédoise, en compagnie du fidèle Christoffer Lundquist, ce May Day-là ne résonne jamais comme un message de détresse. Moins immédiatement séduisant que son prédécesseur, sans doute plus long en bouche, il dévoile ses charmes au fil des écoutes. Contournant habilement les frontières génériques, jonglant entre folk, pop et soul, Peter Von Poehl invente une version toute personnelle du syncrétisme musical qui réconcilie Smokey Robinson et Paul Simon. Ce qui frappe surtout, ici, c’est l’attention portée à la justesse du moindre détail, cette capacité à sublimer la limpidité des mélodies par d’exquises enluminures instrumentales et autres contrepoints inattendus (les violons et les cuivres de Parliament, la clarinette de Dust Of Heaven, le banjo de Lost In Space).
Supérieur en cela à la plupart de ses concurrents, Von Poehl possède également un don unique pour conférer une souplesse rythmique et un groove aussi discret qu’efficace à ses ballades et leur éviter de sombrer dans la platitude. L’Histoire avait fait du 1er mai le jour de la fête du travail. Il conviendra désormais d’adjoindre aux défilés traditionnels quelques banderoles dédiées à la célébration du talent musical des songwriters scandinaves.
Enregistré dans l’atmosphère propice au recueillement de la campagne suédoise, en compagnie du fidèle Christoffer Lundquist, ce May Day-là ne résonne jamais comme un message de détresse. Moins immédiatement séduisant que son prédécesseur, sans doute plus long en bouche, il dévoile ses charmes au fil des écoutes. Contournant habilement les frontières génériques, jonglant entre folk, pop et soul, Peter Von Poehl invente une version toute personnelle du syncrétisme musical qui réconcilie Smokey Robinson et Paul Simon. Ce qui frappe surtout, ici, c’est l’attention portée à la justesse du moindre détail, cette capacité à sublimer la limpidité des mélodies par d’exquises enluminures instrumentales et autres contrepoints inattendus (les violons et les cuivres de Parliament, la clarinette de Dust Of Heaven, le banjo de Lost In Space).
Supérieur en cela à la plupart de ses concurrents, Von Poehl possède également un don unique pour conférer une souplesse rythmique et un groove aussi discret qu’efficace à ses ballades et leur éviter de sombrer dans la platitude. L’Histoire avait fait du 1er mai le jour de la fête du travail. Il conviendra désormais d’adjoindre aux défilés traditionnels quelques banderoles dédiées à la célébration du talent musical des songwriters scandinaves.