Les touches du clavier de l'ordinateur nous font mal aux doigts pour écrire cette chronique. Jamais on n'aurait pensé dire du mal de nos garçons du magasin d'animaux préférés. Mais là c'en est trop. Dans quel marasme se sont donc empêtré Neil Tennant et Chris Lowe ? Ni plus ni moins qu'une comédie musicale, toute gaie. À croire que l'exportation de Notre-Dame De Paris en terres anglaises leur a donné quelques mauvaises idée. Si tel est le cas, maudit soit à jamais Luc Plamandon et Richard Cocciante. Ici, Esmeralda s'appelle Straight David (soit Paul Keating, le héros de la série Sexually Confused) qui préfère les Quasimodos vêtus de cuir et arborant de grosses moustaches (certes un cliché, mais le groupe sait parfaitement en jouer). Tant et si bien qu'on ne veut même pas savoir avec quoi ils font sonner les cloches. Décidément, tout tourne à la ringardise, cependant il paraît que cela s'appelle du kitscho-glam. Les présences de Frances Barber, aperçue dans les films d'Arnaud Despleschin (Esther Khan) ou de Michel Blanc (The Escort) n'y changent rien. La troupe de comiques croupiers trouvent le moyen de rouler dans la vaseline des chansons d'ordinaire extatiques (In Denial, Closer To Heaven, Shameless ou Vampires). Les arrangements électroniques (un bel inconnu dans les backrooms) sont aussi indignes qu'indigestes. Les paroles du titre d'ouverture My Night auraient pu commencer par "Il est venu le temps de la cata" qu'on n'y aurait pas vu de différence. Et lorsque le baryton Bob chante "I have to admit, I'm an absolute shit" sur Call Me Old Fashioned, on ne peut qu'opiner (sans jeux de mots) du chef. Plus près du paradis et encore plus proche de la poubelle. Follement queer.