On apprendra à personne que
Wowee Zowee est l'un des disques les plus importants de son époque,
peut-être même le meilleur dans son genre avec Doolittle (1989) des
Pixies. Son genre, justement, parlons-en... “We're just a good indie band”,
déclarait humblement Stephen Malkmus, à qui voulait bien l'écouter à la sortie
du troisième album d'un groupe qu'il mène alors sans partage depuis cinq ans
déjà. Mais un groupe injustement déprécié en comparaisons systématiques à Sonic
Youth et surtout The Fall (auquel Malkmus a toujours préféré The Replacements),
avant que l'élève ne dépasse le(s) maître(s), en 1995, avec les dix-huit titres
de Wowee Zowee sans le moindre déchet. De l'impeccable ouverture
acoustique de We Dance à la fausse décontraction des guitares de Rattled
By The Rush – pas entendu de soli de la sorte depuis le Velvet Underground
et Marquee Moon – au chef-d'œuvre ultime du disque, le vrai-faux reggae Grave
Architecture dont la mélodie imparable ne nous a pas lâchés depuis, tout
ici tutoie les anges.
En s'ouvrant à de nouveaux horizons tels que la country (la pedal steel de Father To A Sister Of Thought), les ballades sous éther ou le free jazz (le chant et les guitares en roue libre un peu partout), Pavement est passé du statut d'espoir (Slanded And Enchanted) à celui de groupe phare de sa génération ! Avec un disque plus varié encore que ceux de Beck à l'époque, le quintette américain progresse à la frontière du rock et de la pop (Grounded, At & T), de géniales explosions dignes de Robert Pollard (Serpentine Pad, False Skorpion) en structures plus recherchées (Half A Canyon, Brink Of The Clouds). Pratiquant cet éclectisme à tout crin que dEUS aura par la suite la bonne idée d'adopter, Pavement est parvenu à synthétiser son époque (Beck, Dinosaur Jr, Sonic Youth, R.E.M., Guided By Voices) tout en sonnant intemporel. Et si, à raison d'une réédition chronologique par an, on attendait impatiemment cette année LE chef-d'oeuvre, c'est peu dire que le résultat, enregistré aux Easley Studios de Memphis en un temps record, est à la hauteur de nos attentes... Il apparaît aujourd'hui scandaleux que tant de bon matériel ait attendu dix ans pour voir le jour !
Car si l'on redécouvre, entre autres douceurs, l'indispensable Ep Pacific Trim publié l'année suivante et originellement destiné aux Silver Jews, c'est surtout une montagne d'inédits (Sensitive Euro Man, Stray Fire) et de versions alternatives passionnantes qui rendent l'objet indispensable. On s'amuse ainsi sur le free jazz indianisant du dépouillé Fight This Generation qui deviendra la perle que l'on sait après recentrage. On apprend également que si Malkmus affectionnait particulièrement sa guitare acoustique à l'époque (Easily Focled, We Dance), c'est pour mieux trouver le son de guitare électrique le plus élégant qui soit (Pueblo, Kennel District, Kris Kraft). Et l’on ne parle même pas des claviers indispensables de Bob Nastanovich ! Certes, le deuxième disque n'offre pas l'ampleur sonore de l'original comme pouvait le faire celui de Slanted And Enchanted, et il convient d'envisager ces sessions comme un laboratoire, le témoignage d'une gestation bénie, un peu comme Godard filmant les Rolling Stones ou les Rita Mitsouko au travail. S'il devait n'en rester qu'un, Wowee Zowee serait celui-là.
En s'ouvrant à de nouveaux horizons tels que la country (la pedal steel de Father To A Sister Of Thought), les ballades sous éther ou le free jazz (le chant et les guitares en roue libre un peu partout), Pavement est passé du statut d'espoir (Slanded And Enchanted) à celui de groupe phare de sa génération ! Avec un disque plus varié encore que ceux de Beck à l'époque, le quintette américain progresse à la frontière du rock et de la pop (Grounded, At & T), de géniales explosions dignes de Robert Pollard (Serpentine Pad, False Skorpion) en structures plus recherchées (Half A Canyon, Brink Of The Clouds). Pratiquant cet éclectisme à tout crin que dEUS aura par la suite la bonne idée d'adopter, Pavement est parvenu à synthétiser son époque (Beck, Dinosaur Jr, Sonic Youth, R.E.M., Guided By Voices) tout en sonnant intemporel. Et si, à raison d'une réédition chronologique par an, on attendait impatiemment cette année LE chef-d'oeuvre, c'est peu dire que le résultat, enregistré aux Easley Studios de Memphis en un temps record, est à la hauteur de nos attentes... Il apparaît aujourd'hui scandaleux que tant de bon matériel ait attendu dix ans pour voir le jour !
Car si l'on redécouvre, entre autres douceurs, l'indispensable Ep Pacific Trim publié l'année suivante et originellement destiné aux Silver Jews, c'est surtout une montagne d'inédits (Sensitive Euro Man, Stray Fire) et de versions alternatives passionnantes qui rendent l'objet indispensable. On s'amuse ainsi sur le free jazz indianisant du dépouillé Fight This Generation qui deviendra la perle que l'on sait après recentrage. On apprend également que si Malkmus affectionnait particulièrement sa guitare acoustique à l'époque (Easily Focled, We Dance), c'est pour mieux trouver le son de guitare électrique le plus élégant qui soit (Pueblo, Kennel District, Kris Kraft). Et l’on ne parle même pas des claviers indispensables de Bob Nastanovich ! Certes, le deuxième disque n'offre pas l'ampleur sonore de l'original comme pouvait le faire celui de Slanted And Enchanted, et il convient d'envisager ces sessions comme un laboratoire, le témoignage d'une gestation bénie, un peu comme Godard filmant les Rolling Stones ou les Rita Mitsouko au travail. S'il devait n'en rester qu'un, Wowee Zowee serait celui-là.
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j’étais hier soir au concert de pavement au Zénith. Rien à dire, cette salle est toujours dotée d’un son aussi exécrable. En première partie, The National débute (à 20h pétantes, comme annoncé sur le billet. pas intérêt d’être scotché à une bière dans un troquet du coin, sinon on les rate..). Set carré, vraiment un très bon groupe. le son est correct, pas trop fort. Malgré tout, les cuivres sont inaudibles (les mecs sont quand même huit sur scène, dommage d’en entendre que six et de laisser les deux autres au chômage technique). Les morceaux s’enchaînent avec délice). Puis déboule Pavement, et là c’est le drame. Que la setlist soit conçue comme une sorte de best-of géant de leurs tubes, passe encore. Mais ce son, mes amis, ce son…Une nouvelle fois, je me dis en sortant de là « plus jamais le Zénith!» . Après Iggy, les white stripes, les beastie boys, et que sais-je encore, je devrais pourtant le savoir, le son de cet endroit est une plaie pour mes menues oreilles. Trop fort, basse saturée, le groupe joue certains titres façon Kiss (comprendre j’envoie du gros riff bien lourd), au détriment de l’aspect plus bricolé d’antan. Malkmus, chemise rouge bucheron ouverte sur un t-shirt col en v mauve de chez american apparel (vive les kids..) a plutôt la classe. Et le bassiste ressemble à jack Black dans Rock academy, c’est drôle. Bref, on les a vu, on est content mais pas tant que ça. Comme d’habitude, à trop attendre d’un concert, on sait ce que ca donne en même temps, hein!:-)