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Brighten The Corners de Pavement

chronique d'album
Qu'espérer de ce quatrième album de Pavement, le groupe préféré des amateurs de rock américain, depuis le départ à la retraite de Sonic Youth (je plaisante) ? Le fait est qu'il n'y a pas grand-chose à dire sur Pavement : charisme nul, interviews faibles, textes abscons, musique et chant imprécis... Bienvenue dans ce monde informe et flottant, sans lignes directrices ni repères fiables, sans accords fédérateurs, ni refrains galvanisants. A l'école du flou artistique, Pavement est premier de la classe. Tout cela ne nous dit pas si le nouveau Brighten The Corners est mieux ou moins bon que son prédécesseur Wowee Zowee. En fait, il est pareil. Un peu moins long cependant, donc plus clair mais pas plus précis pour autant. Pourtant Brighten The Corners, sans être aussi immédiat que Crooked Rain... s'avère l'album le plus abouti du groupe : d'entrée Radio et Shaby Lane séduisent par leur pop déconstruite et mal foutue, typique de l'attitude de Stephen Malkmus à suggérer plus qu'à affirmer son talent de songwriter. Puis de ballades déroutantes - Type Slowly, Infinite Park - en psychédélisme rupestre - A Date With IKEA, We Are Underused -, Pavement se découvre et s'humanise, se laisse même aller à des solos de guitare orthodoxes (les Stones de Sticky Fingers ne sont pas bien loin) et laisse une place de plus en plus évidente à un savoir-faire désormais contrôlé et labellisé. En 97, Pavement se présente tel qu'en lui même : essentiel et sans surprises.
Hervé Crespy
MAGIC RPM  #12
article extrait de :
MAGIC RPM #12 Commander ce numéro


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