Paul Weller

Vu par Magic

Studio 150

archive mag août 2004
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À force de l'écouter distiller, au fil d'une discographie pléthorique, les hommages multiples à  ses nombreux héros et maîtres, on avait fini par oublier que, paradoxalement, Paul Weller n'avait encore jamais publié d'album entièrement composé de reprises. Une omission aujourd'hui réparée grâce à  cette série de douze covers, enregistrées dans une atmosphère qui fleure bon la décontraction et la bonhomie au Studio 150 d'Amsterdam. Et si, comparé aux flamboyances de ses deux dernières créations solitaires, l'immense Heliocentric (2000) et Illumination (2002), le résultat relève forcément davantage du projet récréatif que de l'oeuvre majeure, il n'en demeure pas moins que cette sélection plus ou moins inattendue finit par composer un panorama fragmenté, mais captivant, d'influences pas toujours évidentes. Nulle trace, par exemple, des inévitables monuments de la culture mod, si souvent visités par Weller qu'ils semblaient s'imposer d'eux-mêmes. Négligeant ainsi ses amours de jeunesse (The Who ou The Small Faces) pour cause d'usure et de lassitude prématurées, il puise ici l'essentiel de ses références dans deux sources bien distinctes qui colorent ce portrait en blanc et noir. D'un côté, la tête, représentée par le classicisme bon teint du songwriting folk avec ses inébranlables figures paternelles (Bob Dylan, Neil Young), et ses cousins éloignés (Gordon Lightfoot). De l'autre, les jambes, qui trouvent à  s'agiter au son d'obscures pépites northern soul (If I Could Only Be Surede Nolan Porter) ou de tubes disco plus consensuels (ThinkingOf Youde Sister Sledge, superbement réinterprété). Au total, un album aussi dispensable et plaisant qu'une compilation de faces B. Mais celle-ci, Weller l'a déjà  publiée...

Matthieu Grunfeld

article extrait de :
MAGIC RPM #83


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