Paul Weller

Vu par Magic

Modern Classics

archive mag décembre 1998
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"Déjà ?" Comment, déjà ? Pourquoi, déjà ? De prime abord, la question pourrait sembler légitime, mais voilà pourtant sept ans que Paul Weller s'est lancé en solitaire, quelques deux années après le camouflet infligé par sa maison de disques de toujours, Polydor. Sept années bien remplies, fortes de quatre albums, un live et nombre de singles, tous, ou presque, agrémentés d'inédits. Car Weller a toujours été prolixe. Mais, auparavant, sa prolixité rimait toujours avec qualité. Ce qui, aujourd'hui, est loin d'être le cas. En cela, Modern Classics est un disque utile. Utile car il montre, d'une implacable manière, à quel point l'écriture de l'un des plus grands artistes nés en Grande-Bretagne s'est altérée au fil du temps, au fil de cette décennie. Weller, artiste aventureux, initiateur de courants musicaux, gentleman cambrioleur il a toujours aimé piller les autres et ne s'en est jamais caché ne tire plus depuis presque deux ans que sur des grosses ficelles. Pourtant, ses premiers pas solo laissaient augurer d'une troisième aventure après The Jam et The Style Council au moins aussi brillante que les deux précédentes. Et c'est déjà avec nostalgie que l'on réécoute Uh-Huh Oh-Yeh du vrai Beatles moderne ou Above The Clouds parfaitement soul , seuls représentants d'un premier album de très haute tenue. Et si sa métamorphose acoustique en avait surpris plus sur Wild Wood la chanson-titre reste toujours sublimement juste et augurait d'une nouvelle ère, l'homme nous fera bien vite redescendre sur terre. L'éclosion de la britpop, la percée d'Oasis et tutti quanti tous se réclamant peu ou prou des Jam donneront de bien mauvaises idées à un songwriter que l'on aurait préféré voir tenter une escapade du côté de l'électronique plutôt que de continuer encore et encore à piller les Small Faces, le Spencer Davis Group et, pire, lui-même. Ni moderne, ni classique, voici la première compilation de chansons signées Paul Weller que l'on ne recommandera pas, sinon aux fans qui seront, eux, tout heureux de mettre la main sur un nouveau live, offert en bonus. Un sacré cadeau.

Christophe Basterra

article extrait de :
MAGIC RPM #25


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