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Certes, on le savait depuis belle lurette. Mais il est toujours agréable de voir son opinion ainsi confortée. De l'imagination de Martin Gore, leader omnipotent de Depeche Mode, naissent le plus souvent des chansons à l'architecture d'un classicisme invraisemblable, qui, outre le fait de provoquer autant l'agacement que l'émerveillement de ses concurrents, résistent au temps et à tous les traitements. The Smashing Pumpkins d'antan, le temps d'une version aérienne de Never Let Me Down Again, le légendaire Johnny Cash naguère, pour une lecture près de l'os de Personal Jesus à couper le souffle, avaient déjà donné un aperçu des grands écarts dont étaient capables les compositions du blondinet. Loin d'être un fan transi de l'oeuvre du groupe de Basildon, l'ex-Timbuck 3 Pat McDonald a pourtant choisi, pour son quatrième album solo, de piocher dans ce répertoire protéiforme. Avec l'aide du toujours pertinent John Parish et de quelques musiciens, l'homme n'a pas eu peur de s'attaquer ainsi à certains des hits les plus conséquents de ces vingt dernières années (A Question Of Time, Strangelove, I Feel You etc.) pour en livrer des versions à la nudité affriolante. Dès l'intro de Stripped, jouée le plus naturellement du monde à la guitare acoustique, on sait que l'Américain va réussir son pari, entre autres grâce à une voix toujours sur le fil, qui confère à ses interprétations intimité et fragilité. Les motifs de piano de Policy Of Truth, les violons et choeurs de Never..., l'improbable batterie de Master & Servant, les pincements de cordes sur Enjoy The Silence sont autant de détails précieux qui permettent à ce disque insolite de dépasser le simple cadre de l'anecdotique pour mieux devenir une oeuvre à part entière.
Christophe Basterra
MAGIC RPM  #75
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