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Parsley Sounds

archive mag septembre 2003
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Il faut reconnaître la préscience du duo Danny Sargassa-Preston Mead quand il a choisi de s'appeller Parsley Sound. Car comment définir autrement ce son si singulier sans briser ses délicats atours, sans travestir cette douce vérité qui est la sienne ? Au mieux, se risquera-t-on au jeu des comparaisons, l'écoute de ce premier album imposant étrangement l'image du soleil filtrant à travers un mur de flocons, sa morsure apaisée par le pâle lit cotonneux. Parsley Sounds serait un peu une plage sous la neige et aurait pu naître de l'écoute du Mister Sun de Bardot, un violon aigu glissant sur une batterie caressée au balai... La production de ce disque joue admirablement l'alliance des contraires avec une attention extrême portée à la fragilité d'instrumentations lointaines sur fond de choeurs tremblants et atrophiés. Parfois, on croirait entendre un Ian Brown neurasthénique (Yoyo), des Beach Boys privés de party et condamnés à chanter Noël (Ocean House), des Byrds en colonie de vacances (Ease Yourself And Glide), bref, rien de très précis, mais c'est justement la marque d'une personnalité folle. Et quand ces étranges personnages, d'une voix sous hélium, chantent les mérites des Twilight Mushrooms, on aurait presque envie de prendre les mêmes et découvrir la clef des songes qui a pu inspirer un disque aussi hanté, délicat et à fleur de peau. Gracieux, tout simplement. Parsley Sound réussit l'exploit à voir grand en misant petit. Petit, mais il fait le maximum .

Estelle Chardac

magazine num 74 article extrait de :
MAGIC RPM #74


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