Ceux que le lyrisme effraie sont invités à quitter la chambre du bébé
puisque sa mère le berce d’une voix grave, au rythme de hochets guère
rassurants. La paternité du projet ne ment qu’à moitié : le glockenspiel,
fil rouge de cette tragi-comédie, est bien en lien avec Xiu Xiu, mais un peu de
généalogie s’impose pour mieux comprendre. Rappel du premier acte de
Parenthetical Girls : Zac
Pennington et Jeremy Cooper publient, en 2004, (((Grrrls))), album mixé par Jamie Stewart (Xiu
Xiu) et aboutissement de leur ancien projet Swatiska Girls. Pour Safe As Houses, le groupe reprend son pop
opéra, ouvrant sur la deuxième partie d’un titre présent sur le précédent
essai : Love Connection. Le
titre semble plus approprié pour une compilation de la Saint-Valentin, mais
toute personne saine d’esprit écarterait vite ce disque de son bien-aimé tant
l’ambiance y est malsaine. L’androgynie des voix et les notes suraiguës des
claviers ont pourtant une aura mystérieuse exigeant une écoute répétitive, même
si le sentiment de rejet reprend vite le dessus puisqu’on n’aime pas tant
que ça se faire du mal. En plus d’être oppressants, les morceaux paraissent
interminables. Quand la voix virilisée par la réverbération, unie à des chœurs
de fantômes de Spectorettes, conte son histoire sur la triste condition des
épouses, sœurs et filles, celles-ci n’ont plus qu’à se tirer une balle.