Panico
Vu par Magic
Telepathic Sonora
archive mag juin 2001
Soyez le premier à réagir
En matière de pop latino-américaine, on ne connaissait dernièrement que les chicanos mexicanos de Titan ou la venezuelian gozadera d'Amigos Invisibles, en passant bien sûr par le clandestino Manu Chao, quasi-prophète populaire en ces terres rongées par le soleil, la pauvreté et l'absence de démocratie viable. Et voici que débarque la Telepathic Sonora de Panico, chef de file du rock indépendant au Chili. Sept albums déjà au compteur (la plupart dans l'esprit punk latin) ainsi qu'un label, Combo Discos, fourmillant de découvertes improbables telles que Shogun, baptisé par là-bas l'Aphex Twin de Santiago. Comme on aime bien ce genre de raccourcis, on pourrait parler de Panico comme d'une sorte de Stereolab en plus caliente. Car ce premier album distribué en France, après un disque de remixes bien barré, fouille tout un sous-monde de pop remuante, d'electro torride, de dub naïf et de rythmes cumbia (folklore chilien) détournés. Enregistré à New York par Andres Levin (producteur de David Byrne), soutenu par l'intelligentsia musicale du coin (Money Mark, Cibo Matto, Arto Lindsay et même le rigolo Señor Coconut), l'album Telepathic Sonora tombe à pic au début de l'été et c'est ce qui pouvait lui arriver de mieux. Car c'est un dépaysement total et sans prise de tête que propose Panico. Inutile de claquer votre tirelire en vacances lointaines : louez un balcon d'amis, sortez le hamac et la sangria, passez l'album. On y gigote assez vite et on y chante (en espagnol) des romances chaloupées, zébrées par des whizzz et des zooom synthétiques, on y croise des guitares Mosrite d'un autre âge et, enfin, on s'y donne des airs de latin lover gominé, dansant comme un Ariel Wizman (qui m'a donné la recette qui précède) en roue libre. Bien sûr, Panico, comme tout produit d'exportation, est à consommer frais, et l'album, aussi festif qu'il soit, est un poil trop long. Mais qu'importe : on a déjà trouvé notre disque de l'été.
Hervé Crespy
article extrait de :
MAGIC RPM #52
Commentaires
Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :