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Portrait – 2007 de Panda Bear

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En 2007, Panda Bear avait été désigné comme l'une des dix personnalités de l'année. Jean-François Le Puil en avait profité pour dresser le portrait de ce gringalet mélomane et roi du sample, qui fait se pâmer les filles ET les garçons.

Le 17 juillet dernier, sur la scène parisienne de la Maroquinerie, Animal Collective interrompt brièvement son concert pour célébrer le vingt-neuvième anniversaire de l’un de ses membres. Un gâteau miséreux est dirigé vers Panda Bear, aussi suintant que concentré, qui y souffle alors la seule bougie vaillante, esquisse un sourire timoré et se fend d’un salut succin au public. Pour vite disperser l’attention, l’homme se replie hâtivement sur ses machines, tel l’artisan uniquement défini par son outil de travail. A priori chaleureux, l’instant diffuse dans l’atmosphère un soupçon de froideur. Cette même froideur teintée de mépris qu’on reprochera éternellement aux craintifs, comme si s’ouvrir à son semblable était une évidence, et danser la polka avec lui après trois mots échangés, une formalité. Le gracieux Panda Bear (Noah Lennox pour les non zoophiles), avec sa jolie bouille responsable de la nuée d’auditrices affriolantes qui accourent désormais aux performances d’AC, et sa voix de séraphin façonnée dans une chorale lors d’une enfance passée à gambader dans la campagne du Maryland, est donc un être sensible. À tel point que son implication dans le groupe qui fera sa gloire n’allait pas forcément de soi.

Il y a une paire d’années, son complice de toujours Avey Tare confiait ainsi au critique Simon Reynolds : “Noah a toujours eu cette relation amour/haine avec la scène. C’est le plus timide et casanier d’entre nous. Après chaque tournée, il entre en pleine descente, du genre : ‘Je ne veux plus jouer avec vous les gars, j’ai besoin de faire mon propre truc dans mon coin’”. En l’occurrence, son “coin”, depuis qu’il y a rencontré la styliste Fernanda Pereira, devenue son épouse, c’est Lisbonne. Une ville désormais aussi célèbre pour son quartier de l'Alfama que pour avoir servi d’environnement bienveillant à Person Pitch (2007), troisième “propre truc” de Panda Bear. Un disque fait maison qui culmine à hauteur d'euphorie et distille la torpeur comme on s’injecte de l’or pur dans les veines, où Brian Wilson troque les cuivres contre le bois, où dub, electro et sunshine pop fument de concert la sauge des devins, empêtrés dans des nimbus qui tintinnabulent au gré du vent. On y entend s'ébrouer un talent rare allié à une vraie obsession pour les techniques musicales (il éructe à l’idée d’être considéré comme un branleur) et à un éclectisme redoutable (et samplé jusqu'à la moelle) que l’Américain s’ingénie à aiguiser depuis sa découverte adolescente du UFOrb (1992) de The Orb.

Or donc, résumons : batteur (l’un de ses modèles est Stewart Copeland de The Police) et tête pensante d’Animal Collective, papa extasié d’une petite Nadja après avoir rendu hommage au sien avec l’acoustique trouée d’air de Young Prayer (2004), enfant de Robert Wyatt et Brian Eno au sein du side-project Jane, soliste affranchi… À vrai dire, les fans transis (soit une bonne dizaine de types quand personne n'est malade) se posent désormais la vraie question : “Mec, tu préfères Animal Collective ou Panda Bear ?”

Jean-François Le Puil


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