Pajo
Vu par Magic
1968
archive mag septembre 2006
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Avec Pajo, le premier album paru sous son seul patronyme depuis 1995, le cultissime guitariste de Louisville a entamé l'an passé un virage artistique proche du répertoire ombrageux d'Elliott Smith. Poursuivant cette veine acoustique avec le bien nommé 1968, David Christian Pajo frôle même le mimétisme vocal sur We Get Along, Mostly, qu'on jurerait échappé de Figure 8, le dernier album d'Elliott Smith vivant. Quand le guitariste reprend le dessus sur l'interprète, cela donne Insomnia Song, merveilleuse pièce instrumentale en forme effective de rêve éveillé. Après quoi, dans sa seconde moitié, le disque bascule dans une torpeur quasi caniculaire (Cyclone Eye), loin de l'électricité monolithique de Whatever, Mortal, le chef-d'oeuvre de Papa M (l'un des multiples pseudos utilisés par l'ex-Tortoise). Plus convaincante, donc, que l'éponyme Pajo, cette ode à l'americana possède les vertus d'un songwriting exemplaire, qui sait tempérer ses humeurs, sans jamais éteindre la ferveur qui les nourrit. Une seule écoute de Let It Be Me, chanson en hommage à son pays porté par un harmonica délicat et une mélodie entraînante, suffira à éclairer le propos.
Franck Vergeade
article extrait de :
MAGIC RPM #103
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