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I Trawl The Megahertz
archive mag juillet 2003
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Même les fans les plus inconditionnels de Prefab Sprout pourront le reconnaître en toute bonne foi. Paddy McAloon n'a jamais brillé par sa modestie. Après tout, il est compréhensible qu'en des circonstances personnelles plus que difficiles (ce premier album solo a été composé et enregistré alors qu'il était en train de devenir provisoirement aveugle), un défaut déjà perceptible auparavant se soit trouvé considérablement amplifié. Pourtant, quel que soit le degré de compassion voire d'admiration que l'on peut éprouver pour les mésaventures de l'homme et le talent du songwriter, il n'en demeure pas moins que cette série d'instrumentaux néoclassiques et de (très) longs récitatifs sur le mystère de l'existence apparaît comme une énorme boursouflure prétentieuse et pompière. Et si l'on consent aisément à se réjouir que l'auteur de Steve McQueen ait fini par recouvrer sa vue, on ne peut manquer de s'interroger sur l'état actuel de ses capacités auditives. Comme la plupart de ces musiciens pop qui n'ont pas su faire leur deuil de la beauté classique, McAloon échoue à produire autre chose qu'une version affadie et irritante des oeuvres de Michael Nyman ou de John Barry. Comme un oratorio de Paul McCartney ou une symphonie de Roger Waters, I Trawl The Megahertz suinte la prétention dans la moindre de ses notes. McAloon rêvait sans doute de sublime et de grandiose. Il ne dégage malheureusement qu'un ennui insondable et stérile.
Matthieu Grunfeld
article extrait de :
MAGIC RPM #73
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