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Reveries
archive mag mars 2008
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À la deuxième écoute, passée l’extase bien naturelle de découvrir un tel concentré de tubes, la question plane… Aurait-on basculé dans un autre espace-temps ? Le petit Coppola-Mars est-il déjà en âge d’enfanter des chansons ? La Terre est-elle tombée entre les mains d’un (Donne)dieu fou décidé à imposer la culture française dans tous ses recoins ? Le Large Hadron Collider a-t-il déjà porté ses fruits et transporté mes particules dans une soirée Respect, entre deux drag-queens et un breakdancer ? Parce que le Pacific!, selon nos deux géniaux amis suédois, a quand même un drôle d’air de famille avec le bassin de Neptune, si vous suivez mon regard. Parfois, c’est un peu gros comme l’ego de Daft Punk, les culs de bouteille d’Alex Gopher et les bou(c)les disco de Sébastien Tellier réunis. Sans la moindre crainte d’enfoncer le clou dans les ailes touffues du coq national, le tandem s’abandonne aux soins experts d’Alf, aisément reconnaissable derrière le mix robotique de Number One, et de Stéphane Manel, designer en chef de la carrosserie, en sa qualité d’amateur de belles pépées. Claude Debussy est, lui, franchement cité dans le titre de l’album, Reveries, avec une petite impasse sur le circonflexe, probablement pour ne pas rompre la fluidité de l’ensemble. Et des fluides, on devrait en verser à l’écoute de ce disque. De la sueur, des larmes et de la cyprine, parfois tout cela en même temps, il n’y a qu’à demander. Ce disque animé sait réchauffer corps et cœurs, conscient que la piste de danse est un endroit où l’on peut aussi pleurer et faire l’amour. Sur l’introductive Disappear, par exemple, on ne se privera pas, tant ce (rou)doudou acoustique réveille des souvenirs d’amourettes enfuies. Point d’impudeur non plus à l’heure d’arpenter Sunset Boulevard en truc à plumes, comme si le bitume était constellé de dalles lumineuses. Cure totale de vanité, enfin, à bord d’un Runway To Elsewhere qui nous emmène tout droit sur la piste d’un MorodAir en pleine crise de voix (mais pas de foi). Break Your Social System, affirment-ils dans leur étrange tube staccato-hawaïen (cette étrange manière de chanter comme un ukulélé), mal rencardés sur le trou de la sécu national par un ami UMPiste. Pour le coup, on ne sera pas tout à fait d’accord avec eux, mais on s’abstiendra de leur dire. Car comme disait mon grand-père ou un autre grand homme, l’amitié ne s’encombre pas de politique.
Estelle Chardac
article extrait de :
MAGIC RPM #119
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