Non non, pour une fois, pas question d'arpèges-délicats, d'acoustique-dénudée, de batterie-martiale, de chant-vaporeux, de post-punk-raide-comme-le-piquet, de folk-pastoral, de rock-abrasif, de riff-dantesque ou d'electro-onirique. Avec P.O.S, c'est plutôt une affaire de hip hop criblé d'intelligence et dépourvu de clichés. Une histoire de paroles révélatrices et de production minimaliste. Pour son troisième essai, l'homme de Minneaoplis Stefon Alexander, alias P.O.S, a livré avec Never Better une brillante exploration rappée. Rencontre téléphonique avec l'artiste.
[Interview Célestine Albert].
magicrpm.com : Vous laissez les gens choisir le sens de l'anagramme P.O.S, un peu comme !!!. Il y a quelque temps, les gens traduisaient ça par “Pissed Off Stef”. Etes vous toujours « Stef Le VNR »?
P.O.S : Oui, c'était quand j'étais plus jeune. Mon vrai prénom est Stefon et je ne suis pas nécessairement énervé en permanence. Mais si on prend en compte le système politique américain et le bordel intégral qui existe partout dans le monde, c'est quand même très compliqué de garder son calme. Sinon, l'appellation que je préfère est probablement “Product Of Society”, ça décrit bien ma musique. Mais j'aime bien laisser le choix et j'adore !!!, ils sont très cools !!!
Il parait que Never Better a été écrit en grande partie dans votre voiture en roulant. C'est des bobards ou pas ?
Non. Le truc, c'est que j'ai un enfant en bas âge et je passe beaucoup de temps en tournée. Du coup, je ne peux pas répéter aussi souvent que je le souhaiterais chez moi, donc je prépare des rythmes et des sons, je les grave et je les écoute dans ma voiture en conduisant jusqu'à ce que je me sente inspiré. Quand ça me prend, je m'arrête sur le bas côté et je commence à écrire. Sinon, je fais aussi ça quand je suis sur la route en tournée. Dès que je bouge en fait. En marchant, en conduisant, peu importe... Je trouve ça bien plus facile de trouver l'inspiration en tenant compte de ce qui se trame autour de soi.
La pochette de Never Better est très particulière, avec plein d'images et de feuillets détachables. Quelle était l'idée directrice derrière tout ce fatras visuel ?
Il a été fait par un des mes artistes préférés de Minneapolis, Eric Carlson, qui fait parti d'un collectif artistique qui s'appelle Hardland/Heartland. Je lui avais fait écouter des démos de l'album, quelques chansons avant que tout soit mixé et je lui ai demandé de dessiner en suivant son propre style, vu que je l'adore. Et puis il m'a fait tout ce tas de pièces différentes. Moi, à l'époque, j'allais et venais, j'avais plein de trucs à faire, et plus ça allait, plus je réalisais que le disque, musicalement parlant, portait sur l'accomplissement personnel : faire les choses pour soi, pour se sentir bien, et créer avec ses propres mains. Alors, on s'est dit que la meilleure façon de transmettre ça artistiquement serait de faire une pochette que tout le monde pourrait non seulement regarder, toucher et sentir, mais aussi déconstruire puis reconstruire.
Vous avez commencé comme keupon et vous êtes maintenant un fieffé rappeur. Comment ça se fait l'ami ?
Ce n'est pas vraiment une transition radicale d'un genre à un autre, j'ai toujours un peu navigué entre les styles. Ce sont simplement des périodes différentes de ma vie. A l'époque où je faisais du skateboard, quand je trainais avec des skateurs, je pouvais vraiment écouter tout ce que je voulais, et il s'avère que c'était en grande partie du punk rock, comme Minor Threat ou Black Flag. Avant ça, j'étais influencé par les musiques que ma mère écoutait, principalement de la Motown. Plus tard, mes cousins ou mes amis plus âgés me passaient plutôt des disques de hip hop genre NWA, Snoop Dog, South Central Cartel, Mobb Deep...
Et vous n'avez pas complètement abandonné le punk. Vous faîtes toujours partie du groupe Building Better Bombs. Est-ce toujours d'actualité ?
Oui ! On vient d'enregistrer un album là, on est en train de faire les mixages en ce moment. Ça sera féroce et chaotique, on gueule sérieusement ! On l'a enregistré nous-mêmes avec une participation des ingénieurs du son qui m'ont aidé à enregistrer mes albums de rap. Building Better Bombs est né à peu près au moment où j'ai commencé à prendre le rap au sérieux. Les autres membres sont des amis avec qui je bosse depuis très longtemps. À ne pas confondre avec Doomtree.
Justement, qu'est-ce que tu racontes sur Doomtree ?
On est cinq rappeurs : Dessa, Sims, MicTlan, Cecil Otter et moi. Plus des producteurs : Lazerbeak, Paper Tiger, Turbo Nemesis (ndlr. le nom qui tue !) et MK Larada. Le principe, c'est qu'on fait tous nos carrières solo et le collectif permet de se soutenir les uns les autres, de s'auto-produire. On a une identité sonore bien à nous, et on s'entraide en s'échangeant des idées. Les rythmes sont similaires, les thèmes aussi, mais nous gardons chacun nos particularités. À nous de trouver une approche singulière, un angle différent pour développer chacun notre style. Nous avons sorti un album commun l'an dernier, Doomtree, alors maintenant on se consacre à nos carrières respectives. On fera sûrement un autre disque plus tard.
Never Better a reçu des dythirambes de la part de magazines à la ligne rédactionnelle très éclectique. Comment expliquer que votre musique plaise à un public si diversifié ?
Je ne peux pas vraiment l'expliquer. Une chose est sûre, j'ai travaillé très dur, et j'ai essayé de faire une musique différente de ce que j'entends d'habitude. Je veux innover, je veux que ça soit honnête et unique. Je ne sais pas si j'ai atteint mon objectif, mais j'y travaille activement depuis le début de ma carrière et je vais continuer jusqu'à ce que j'y arrive. Donc, peut être que les gens ressentent ces efforts. Le fait que je sois inspiré par plusieurs genres musicaux aide aussi, peut-être. Mais je pense que ce sont surtout les concerts qui retournent les gens. Ayant grandi en allant à des live de groupes punk, si on vient me voir en concert, il faut s'attendre à une attitude différente de celle que l'on peut voir habituellement dans les shows hip hop. Du coup, même si vous n'êtes pas fan de rap, vous pouvez entrez dans le trip. J'aime que tout le monde se sente à l'aise et finisse par perde la boule.
[Interview Célestine Albert].
magicrpm.com : Vous laissez les gens choisir le sens de l'anagramme P.O.S, un peu comme !!!. Il y a quelque temps, les gens traduisaient ça par “Pissed Off Stef”. Etes vous toujours « Stef Le VNR »?
P.O.S : Oui, c'était quand j'étais plus jeune. Mon vrai prénom est Stefon et je ne suis pas nécessairement énervé en permanence. Mais si on prend en compte le système politique américain et le bordel intégral qui existe partout dans le monde, c'est quand même très compliqué de garder son calme. Sinon, l'appellation que je préfère est probablement “Product Of Society”, ça décrit bien ma musique. Mais j'aime bien laisser le choix et j'adore !!!, ils sont très cools !!!
Il parait que Never Better a été écrit en grande partie dans votre voiture en roulant. C'est des bobards ou pas ?
Non. Le truc, c'est que j'ai un enfant en bas âge et je passe beaucoup de temps en tournée. Du coup, je ne peux pas répéter aussi souvent que je le souhaiterais chez moi, donc je prépare des rythmes et des sons, je les grave et je les écoute dans ma voiture en conduisant jusqu'à ce que je me sente inspiré. Quand ça me prend, je m'arrête sur le bas côté et je commence à écrire. Sinon, je fais aussi ça quand je suis sur la route en tournée. Dès que je bouge en fait. En marchant, en conduisant, peu importe... Je trouve ça bien plus facile de trouver l'inspiration en tenant compte de ce qui se trame autour de soi.
La pochette de Never Better est très particulière, avec plein d'images et de feuillets détachables. Quelle était l'idée directrice derrière tout ce fatras visuel ?
Il a été fait par un des mes artistes préférés de Minneapolis, Eric Carlson, qui fait parti d'un collectif artistique qui s'appelle Hardland/Heartland. Je lui avais fait écouter des démos de l'album, quelques chansons avant que tout soit mixé et je lui ai demandé de dessiner en suivant son propre style, vu que je l'adore. Et puis il m'a fait tout ce tas de pièces différentes. Moi, à l'époque, j'allais et venais, j'avais plein de trucs à faire, et plus ça allait, plus je réalisais que le disque, musicalement parlant, portait sur l'accomplissement personnel : faire les choses pour soi, pour se sentir bien, et créer avec ses propres mains. Alors, on s'est dit que la meilleure façon de transmettre ça artistiquement serait de faire une pochette que tout le monde pourrait non seulement regarder, toucher et sentir, mais aussi déconstruire puis reconstruire.
Vous avez commencé comme keupon et vous êtes maintenant un fieffé rappeur. Comment ça se fait l'ami ?
Ce n'est pas vraiment une transition radicale d'un genre à un autre, j'ai toujours un peu navigué entre les styles. Ce sont simplement des périodes différentes de ma vie. A l'époque où je faisais du skateboard, quand je trainais avec des skateurs, je pouvais vraiment écouter tout ce que je voulais, et il s'avère que c'était en grande partie du punk rock, comme Minor Threat ou Black Flag. Avant ça, j'étais influencé par les musiques que ma mère écoutait, principalement de la Motown. Plus tard, mes cousins ou mes amis plus âgés me passaient plutôt des disques de hip hop genre NWA, Snoop Dog, South Central Cartel, Mobb Deep...
Et vous n'avez pas complètement abandonné le punk. Vous faîtes toujours partie du groupe Building Better Bombs. Est-ce toujours d'actualité ?
Oui ! On vient d'enregistrer un album là, on est en train de faire les mixages en ce moment. Ça sera féroce et chaotique, on gueule sérieusement ! On l'a enregistré nous-mêmes avec une participation des ingénieurs du son qui m'ont aidé à enregistrer mes albums de rap. Building Better Bombs est né à peu près au moment où j'ai commencé à prendre le rap au sérieux. Les autres membres sont des amis avec qui je bosse depuis très longtemps. À ne pas confondre avec Doomtree.
Justement, qu'est-ce que tu racontes sur Doomtree ?
On est cinq rappeurs : Dessa, Sims, MicTlan, Cecil Otter et moi. Plus des producteurs : Lazerbeak, Paper Tiger, Turbo Nemesis (ndlr. le nom qui tue !) et MK Larada. Le principe, c'est qu'on fait tous nos carrières solo et le collectif permet de se soutenir les uns les autres, de s'auto-produire. On a une identité sonore bien à nous, et on s'entraide en s'échangeant des idées. Les rythmes sont similaires, les thèmes aussi, mais nous gardons chacun nos particularités. À nous de trouver une approche singulière, un angle différent pour développer chacun notre style. Nous avons sorti un album commun l'an dernier, Doomtree, alors maintenant on se consacre à nos carrières respectives. On fera sûrement un autre disque plus tard.
Never Better a reçu des dythirambes de la part de magazines à la ligne rédactionnelle très éclectique. Comment expliquer que votre musique plaise à un public si diversifié ?
Je ne peux pas vraiment l'expliquer. Une chose est sûre, j'ai travaillé très dur, et j'ai essayé de faire une musique différente de ce que j'entends d'habitude. Je veux innover, je veux que ça soit honnête et unique. Je ne sais pas si j'ai atteint mon objectif, mais j'y travaille activement depuis le début de ma carrière et je vais continuer jusqu'à ce que j'y arrive. Donc, peut être que les gens ressentent ces efforts. Le fait que je sois inspiré par plusieurs genres musicaux aide aussi, peut-être. Mais je pense que ce sont surtout les concerts qui retournent les gens. Ayant grandi en allant à des live de groupes punk, si on vient me voir en concert, il faut s'attendre à une attitude différente de celle que l'on peut voir habituellement dans les shows hip hop. Du coup, même si vous n'êtes pas fan de rap, vous pouvez entrez dans le trip. J'aime que tout le monde se sente à l'aise et finisse par perde la boule.