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He Poos Clouds de Owen Pallett

chronique d'album
Au vu de ses innombrables apports à la scène canadienne déjà bien émergée (The Hidden Cameras, The Arcade Fire), le petit prodige Owen Pallett déteste le surplace et la facilité. Après avoir délaissé la guitare pour d'autres instruments, il s'était illustré en solo l'an passé avec un album taillé pour les lendemains qui chantent sur le lumineux Has A Good Home, premier essai sous l'identité Final Fantasy. Faisant l'effet d'une brise légère, ces compositions arrangées exclusivement au violon affichaient un air guilleret, tout en révélant en creux une personnalité complexe avec ses névroses tapies dans l'ombre, prêtes à resurgir sans crier gare pour noircir le tableau. He Poos Clouds intrigue tout d'abord par sa production particulière : la présence d'un quatuor à cordes, de percussions et de choeurs féminins efface l'aspect comptines en chambre du précédent opus tout en conservant une texture feutrée, une résonance sourde inhabituelle dans ce type d'accompagnement élargi. Mi-ange, mi-démon, ce jeune homme chante toujours comme Neil Hannon de Divine Comedy, mais se plaît aussi à casser sa voix fluette au milieu d'un Opéra de quat'sous aux couleurs pastel, provoquant d'inquiétantes ruptures de ton. Un tel contraste ne peut laisser indifférent comme sur le titre éponyme qui plane ou éclate dans un tourbillon de sentiments mêlés. Mais le charme n'opère qu'à moitié, les lignes mélodiques peinant à se frayer un chemin dans des compositions labyrinthiques. Là où Final Fantasy excelle pour devenir un ovni pop contemporain à suivre de près, c'est qu'il met ses capacités musicales étendues au service d'une recherche sonore surprenante (mais pas toujours attirante), qui ne se repose jamais sur la belle prose d'un élève surdoué.
THOMAS BARTEL
MAGIC RPM  #101


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