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Has A Good Home de Owen Pallett

chronique d'album
De Montréal à Toronto, le Canada apparaît depuis quelques années comme le territoire le plus fertile en artistes refusant les genres qui, depuis Gonzales, Peaches et Godspeed You Black Emperor! jusqu'à Broken Social Scene et Molasses aujourd'hui, doivent susciter toutes les convoitises de la part de leurs cousins américains sérieusement à la traîne. The Arcade Fire étant le dernier exemple en date d'une réussite accomplie, son violoniste Owen Pallett profite ainsi du succès amplement justifié de Funeral pours'offrir une escapade en solitaire. Has A Good Home est le premier album d'un musicien talentueux qui veut se retrouver seul avec ses fantasmes pop après avoir officié en tant qu'arrangeur dans une multitude de formations comme The Hidden Cameras, Royal City et Do Make Say Think. L'objectif avoué de Final Fantasy est de parvenir en un minimum de temps et avec très peu d'effets au comble de l'élégance mélodique. Arméde son seul violon et de sa voix de ténor multicolore, Pallett joue sur le frémissement des cordes et les arrangements microscopiques, pour partir dans des rêveries solitaires pleines d'arpèges sautillants et depincements au coeur (This Is The Dream Of Win AndRegine, Furniture), qui rejoignent dignement celles d'Andrew Bird (The Chronicles Of Sania). Puis le jeune homme déchante complètement en fin d'album sur Please Please Please, déchirant comme The ArcadeFire, et laisse sa préciosité tout aristocratique se faire progressivement envahir par une rage incontrôlable. Et ce n'est qu'un début: un second Lp est déjà prévu pour l'automne prochain. Il sera donc attendu comme une confirmation.
THOMAS BARTEL
MAGIC RPM  #92
article extrait de :
MAGIC RPM #92 Commander ce numéro


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