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Slush
archive mag juillet 1997
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Malgré un nom de code aussi hermétique, ce disque renferme la plus belle surprise de ce premier semestre. Pas moins. Car à l'heure où la country ombrageuse de Tarnation bénéficie d'un éclairage médiatique démesuré, l'occasion est belle de lui substituer un remplaçant de luxe. Derrière OP8, on retrouve de parfaits anonymes les anciens Giant Sand et une chanteuse en devenir, Lisa Germano. Dont la voix chaloupée n'a jamais autant brillé que sur ce disque-là. Dès l'ouverture, une magnifique reprise de Lee Hazlewood et Nancy Sinatra, à faire pâlir de jalousie les Tindersticks, on se réfugie dans cet album comme chez un ami, avec l'assurance du confort absolu. Tant et si bien que les chansons de OP8, à la gracilité mélodique insensée, séduisent à mesure qu'elles se succèdent. En proposant une gamme de couleurs infiniment contrastées, le gris de la pluie (Lost In Space), le rouge de l'incandescence (If I Think Love), le noir des ténèbres (Never See It Coming) et le bleu de l'arc-en-ciel (It's A Rainbow), OP8 varie les plaisirs avec une virtuosité exemplaire. Plus fiévreux que Mazzy Star, plus sensuel que Mojave 3, plus majestueux que The Walkabouts et plus lyrique que Lambchop, OP8 vient de faire une entrée fracassante dans le club de la musique américaine.
Franck Vergeade
article extrait de :
MAGIC RPM #15
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